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«Est ce que Poutine a fait disparaître le gouvernement polonais en 2010?»

Temps de lecture : 2 min

Voilà une théorie que tente de défendre le DailyBeast, quatre ans après l'accident de l'avion du Président polonais.

Mémorial en souvenir du Président Lech Kaczynski et de son épouse Maria sur le site du crash, non loin de Smolensk, le 10 avril 2013. REUTERS/Vasily Fedosenko
Mémorial en souvenir du Président Lech Kaczynski et de son épouse Maria sur le site du crash, non loin de Smolensk, le 10 avril 2013. REUTERS/Vasily Fedosenko

«Pour la plupart des gens et des médias, la possibilité pour que le crash [de l’avion du président polonais Lech Kaczynski dans une forêt russe en 2010] ne soit pas un simple accident n’est qu’une pure spéculation. Et ceux qui diffusaient cette théorie étaient considérés comme des paranoïaques ou des militants avec une idée derrière la tête. Mais l’attitude de Poutine au cours des deux derniers mois donne de quoi revisiter certaines théories complotistes, y compris celles qui semblaient il y a peu ridicules et absurdes.»

Voici la conclusion d’un article du DailyBeast publié vendredi, soit quatre ans tout juste après l’accident qui a coûté la vie au Président polonais, qui tente de faire prendre corps l’idée selon laquelle Moscou serait responsable de l’assassinat de Kaczynski et d’une partie de son gouvernement. Titré «Est ce que Poutine a fait disparaître le gouvernement polonais en 2010 ? Un nouveau regard», le journaliste Will Cathcart rappelle les circonstances de l’accident.

Officiellement, l’avion du Président polonais s’est écrasé le 10 avril 2010 à quelques centaines de metres de la piste d’atterrissage de l’aéroport de Smolensk. Rapidement, les autorités russes concluent à une erreur de pilotage et à la pression exercée par le President Kaczyński sur son pilote pour poser l’appareil malgré un brouillard particulièrement intense.

A lire, dans nos archives de l'époque: Katyn, dernière destination du président polonais Lech Kaczynski, Lech Kaczynski «pire président de la Pologne», Crash: la Russie met en cause les pilotes et L'équipage de l'avion de Lech Kacynski se savait condamné

Le mobile? Le fort sentiment anti-russe du Président polonais. L’arme du crime? L’avion, un Tupolev de 20 ans, remis à neuf en Russie, et qui aurait accueilli une bombe à son bord. Le maquillage du crime? Les autorités russes qui se sont chargées de l’enquête et en ont profité du nettoyage de leurs traces pour mettre la main sur les dossiers et les télécommunications à bord de l’appareil. The DailyBeast n’a guère de sources pour aller plus loin que ça: un scientifique polonais, ami de certains disparus dans le crash, et un ancien expert de la CIA.

Comme toutes les bonnes théories du complot, celle-ci a de quoi séduire. Et la politique actuelle du chef de l’Etat russe, tout en manœuvre plus ou moins grossière, donne du carburant pour cette machine conspirationniste. Une commission d’enquête a bien éliminé la possibilité d’un attentat, un tiers de Polonais, dont le frère du président, croient que la théorie de l’accident ne tient pas la route. «Un nombre inhabituellement élevé pour une théorie du complot, qui montre au moins une chose : que la Pologne n’est pas rassurée par les intentions russes.»

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Fallait-il donner du corps à ces théories, sans plus d’enquêtes, pour parvenir à cette conclusion?

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