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Arnaud Montebourg vu d'Allemagne: «Monsieur grande gueule» et «Rambo de gauche»

Temps de lecture : 2 min

Michel Sapin et Arnaud Montebourg après le conseil des ministres du 4 avril. REUTERS/Philippe Wojazer.
Michel Sapin et Arnaud Montebourg après le conseil des ministres du 4 avril. REUTERS/Philippe Wojazer.

«Monsieur grande gueule», «ennemi de Merkel», «Rambo de gauche», «nouvelle frayeur économique de la France»... La presse allemande n'est pas tendre avec Arnaud Montebourg et garde un souvenir amer de sa diatribe aux relents anti-allemands à l'égard d'Angela Merkel, qu'il avait comparée au chancelier Otto von Bismarck il y a quelques années.

Sa nomination au ministère de l'Économie sonne donc plutôt comme une mauvaise nouvelle outre-Rhin. Dans un article intitulé «Il injurie l'Allemagne et prend du galon», le quotidien Die Welt fait la chronique des attaques verbales répétées d'Arnaud Montebourg vis-à-vis de l'Allemagne et de l'Europe.

Peu convaincu par son bilan au ministère du Redressement productif –«en tant que ministre de la réindustrialisation aux discours aux accents de lutte des classes, il a effrayé les investisseurs étrangers»–, Die Welt se range derrière l'avis de ceux qui voient dans sa nomination un calcul stratégique d'Hollande pour expliquer cette promotion «étonnante»:

«Parce qu'[Hollande] voit en lui un moyen efficace pour stopper l'avancée du parti d'extrême droite Front National lors des élections européennes de mai.»

Pour l'hebdomadaire Focus, Montebourg à l'Économie, c'est «le chaos en France», ou «ce qui pour la chancelière Angela Merkel, le ministre des Finances Wolfgang Schäuble et l'UE pose problème». Focus décrit Montebourg comme un «polémiste de première» dont les «meilleurs ennemis» sont la Commission européenne, la chancelière Merkel et sa politique d'austérité.

En revanche, la presse allemande se réjouit du choix de Michel Sapin aux Finances, le ministère de l'Économie et des Finances étant désormais dédoublé, comme c'est le cas en Allemagne. «Sapin devrait aider, car il connaît l'Allemagne et a fait plus d'effort que d'autres pour entretenir de bonnes relations», écrit par exemple le quotidien Handelsblatt, qui le décrit comme étant «plus social-démocrate que socialiste»:

«Les chaussettes roses qu'il porte de préférence sont la seule chose anticonformiste en lui. Quand on est assis en face de lui, on pourrait le prendre pour un bouddha égaré à Paris, avec son sourire détendu et ses paupières presque closes. Mais sous le calme de son apparence bouillonne un pur-sang de la politique, qui même sous haute pression et dans les conditions les plus mauvaises ne perd pas ses idées de vue.»

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