Monde / Allemagne

Un cimetière lesbien va ouvrir ses portes à Berlin

Temps de lecture : 2 min

Berlin, Friedhof St. Georgen / Astra Nilsson via Flickr CC License by.
Berlin, Friedhof St. Georgen / Astra Nilsson via Flickr CC License by.

Il y avait déjà des bars, des clubs et des cafés lesbiens. Berlin comptera aussi bientôt un cimetière où les lesbiennes pourront reposer en paix entourées d'autres femmes aimant les femmes. Il sera inauguré ce dimanche 6 avril, rapporte le quotidien local Berliner Zeitung, sur un terrain de 400 m2 pouvant accueillir 80 urnes ou tombes, situé dans un vénérable cimetière du quartier de Prenzlauer Berg, le Georgen-Parochial.

Derrière ce projet, une fondation allemande basée à Hannovre, Sappho, qui soutient des projets d'habitat communautaire destinés aux lesbiennes. Les recherches d'un terrain adéquat ont duré plus de quatre ans. Vieux de 200 ans, ce cimetière berlinois et son atmosphère bucolique ont séduit les membres de Sappho, comme l'explique Usah Zachau, une des porte-paroles:

«Le cimetière est sauvage et généreux, nous disposons de beaucoup de place pour l'aménager.»

La paroisse protestante qui gère le cimetière n'a d'ailleurs pas été difficile à convaincre. Comme l'explique au Berliner Zeitung Volker Jastrzembsli, porte-parole de l'Église évangélique Berlin-Brandenbourg- Haute Lusace silésienne:

«Nos cimetières sont ouverts à tous ceux qui en respectent le règlement.»

Il faut dire que de nombreux cimetières berlinois sont assez vides, de plus en plus de Berlinois préférant être incinérés qu'enterrés. Certains sont donc contraints de fermer leurs portes ou de vendre leurs terrains.

La direction du cimetière Georgen-Parochial avait d'ailleurs envisagé il y a quelques années de vendre un terrain situé à la lisière de son domaine à un promoteur immobilier qui voulait y construire des logements. Face aux protestations des habitants du quartier, le projet avait été abandonné et le terrain a depuis été transformé en parc.

L'annonce de l'ouverture de ce cimetière lesbien suscite des réactions variées chez les militants LGBT berlinois. Interrogée par le tabloïd Bild, Anja Kofbinger, porte-parole des Verts sur les questions liées aux lesbiennes, trouve l'idée «ravissante et romantique». Renate Rampf, porte-parole de la fédération des gays et lesbiennes LSVD à Berlin, parle d'un «lieu de mémoire beau et honorable», espérant voir de tels lieux ouvrir dans d'autres villes.

Mais Stefan Evers, porte-parole de la CDU sur les questions LGBT, voit cette initiative d'un mauvais oeil:

«Ça n'est pas l'idée que je me fais de l'intégration et de l'acceptation. Celui qui se considère comme faisant partie de la société ne devrait pas aussi s'isoler dans la mort.»

Le magazine berlinois queer Siegessaüle a d'ailleurs lancé un sondage autour de l'ouverture du cimetière lesbien sur son site. D'après les résultats actuels, près de 80% des participants ont répondu «non» à la question: «Avons-nous besoin de sépultures séparées pour les homosexuels?»

Annabelle Georgen Journaliste

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