Égalités / Monde

Au sommet de La Haye, les femmes ne sont pas autorisées à servir les grands de ce monde

Temps de lecture : 2 min

A La Haye le 25 mars 2014. REUTERS/Doug Mills
A La Haye le 25 mars 2014. REUTERS/Doug Mills

A La Haye où les grands de ce monde (et peu de grandes) de 53 pays sont en train de décider de la meilleure façon de combattre le terrorisme nucléaire, les serveuses, de sexe féminin, sont exclues des équipes servant le déjeuner dans la grande salle où se tiennent les discussions cruciales. «A la place, seuls des hommes de plus de 25 ans ont le privilège de servir aux déjeuners de travail du World Forum», explique the Independent, qui s'interroge sur les raisons de ce choix dû à la compagnie chargée du service.

«Selon le journal néerlandais Algemeen Dagblad, le directeur du service de restauration, Hans van der Linde, cherchait à créer une équipe ayant l'air "uniforme".»

Il se justifie de cette étrange façon:

«Si 20 hommes servent et qu'il y a en plus trois blondes platines, cela gâche l'image.»

Ajoutant:

«Le personnel doit agir de la manière la plus réservée possible et vous ne pouvez y parvenir si vous ajoutez quelques jolies jeunes femmes voyantes.»

Le directeur du protocole, Paul Weijers, ajoute qu'il pouvait s'agir de ne pas distraire les hommes politiques présents (puisque comme chacun sait les hommes sont des animaux qui ne peuvent pas se concentrer quand il y a une paire de seins dans la salle). Et enfin, qu'il fallait préserver les sensibilités de chefs d'Etat de pays musulmans.

«Ils comprennent que les pays occidentaux ont des standards différents, mais les Pays-Bas sont un petit pays, habitué à s'adapter rapidement aux plus gros.»

Cercle vertueux

Le sexisme est évidemment d'autant plus virulent dans les milieux où les femmes ne sont pas représentées dans les postes à responsabilité (au sommet, sur la soixantaine de personnes présentes, dont des représentants de l'AIEA, moins de dix étaient des femmes).

Inscrivez-vous à la newsletter de SlateInscrivez-vous à la newsletter de Slate

En France par exemple Olga Trostiansky, femme politique adjointe de Bertrand Delanoë à partir de 2001 et fondatrice d'un laboratoire de l'égalité expliquait en 2013 qu'il existait une misogynie spécifique à l'Assemblée nationale et au Sénat: «Dans les assemblées générales, les conseils municipaux, ça n'existe plus, car la parité est respectée. On n'entend pas de blagues vaseuses au conseil de Paris», ajoutant: «Tant qu'il n'y aura que 27% de femmes au Parlement, les choses ne changeront pas.» Pareil pour le sommet du monde. Il faut lutter contre le sexisme pour que des femmes chefs d'Etat soient élues. Et qu'elles puissent ensuite lutter contre le sexisme...

Newsletters

Celles qui s'en allèrent pour connaître la peur: les 999 femmes du premier convoi vers Auschwitz

Celles qui s'en allèrent pour connaître la peur: les 999 femmes du premier convoi vers Auschwitz

Il y a quatre-vingts ans, 999 jeunes Slovaques qui croyaient partir travailler dans une fabrique de chaussures ont dû construire le futur camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau.

Avortement aux États-Unis: l'erreur de Ruth Bader Ginsburg qui pourrait coûter cher

Avortement aux États-Unis: l'erreur de Ruth Bader Ginsburg qui pourrait coûter cher

Tout l'héritage laissé par la juge RBG, icône féministe et progressiste, pourrait bien partir en fumée à cause d'une mauvaise décision prise en 2014.

«Casey», la décision qui a lentement tué le droit à l'IVG aux États-Unis

«Casey», la décision qui a lentement tué le droit à l'IVG aux États-Unis

Souvent résumée à une réaffirmation de la jurisprudence Roe v. Wade, la décision Planned Parenthood v. Casey de 1992 a considérablement affaibli le droit à l'IVG aux États-Unis.

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio