Parents & enfants / Life

Apprend-on aux enfants à avoir peur des hommes?

Temps de lecture : 2 min

De TOUS les hommes? C'est en tout cas les conclusions tirées par un papa blogueur américain.

REUTERS/Ognen Teofilovski
REUTERS/Ognen Teofilovski

C'est un passage obligé de la vie de parents: enseigner aux enfants la bonne attitude à adopter s'ils se perdent dans la rue ou au supermarché. Aujourd'hui, la démarche est moins compliquée qu'à l'époque où un pré-ado ne disposait pas d'un téléphone portable pour alerter sa famille en cas de problème.

Certains parents n'hésitent pas non plus à équiper leur progéniture d'un dispositif GPS pour ne jamais perdre leur trace.

Mais malgré tout, le petit brief aux enfants est un véritable rituel quand ils sont en âge de pouvoir marcher tout seul et donc de disparaître du champ de vision des parents:

  • leur enseigner le numéro de la police et/ou des pompiers
  • leur faire apprendre par coeur leur adresse et le numéro de leurs parents
  • leur montrer comment solliciter l'aide d'un adulte.

Et c'est là que les choses se compliquent. Charlie Capen, blogueur et moitié de How to be a dad, en a fait l’expérience et le raconte sur Parents. Le duo est surtout connu pour ses billets hilarants sur les risques du cosleeping ou «comment être un papa Disney».

Mais Charlie s'est attelé à une tâche autrement plus sérieuse. Père de deux garçons, il s'est préparé à informer ses enfants sur la marche à suivre s’ils venaient à s’égarer dans la rue.

Et pour ce faire, il a demandé l'aide de ses amis Facebook avec une question très simple:

«A qui dites-vous à vos enfants de s'adresser s'ils sont perdus?»

Après les quelques blagues d'usage, voici les réponses qu'il a obtenues:

  • «Une maman avec ses petits enfants»
  • «Une maman»
  • «Une maman ou la police»
  • «Je leur dit de solliciter une maman. Pardon aux hommes, mais statistiquement, le nombre de femmes qui agressent les enfants est beaucoup plus faible»

Si vous ne voyez pas le problème, c'est normal. Charlie Capen admet en effet que 96% des agressions sont commises par des hommes. Et si nous devions poser la question sur la page Facebook de Slate, on obtiendrait probablement les mêmes réponses.

Et de fait, la supposition n'est pas dénuée de sens. Une femme accompagnée de ses enfants est en effet plus susceptible, dans l'absolu, de savoir s'occuper d'un enfant, qu'un homme seul. Dans l'imaginaire collectif, le prédateur est un homme, pas une femme. Même si précisement, de nombreux faits divers ont illustré le fait que les femmes pouvaient servir d'appât, du fait de leur supposée apparence inoffensive.

Mais la mère de famille, ou la femme, reste malgré tout présentée comme l'unique repère valable pour tout enfant perdu (avec la police).

Et ce mécanisme n'est pas sans conséquences. En tout cas, sur le rapport que ces enfants peuvent développer aux hommes. Charlie Capen cite l'un de ses confrères blogueurs:

«Le problème avec le fait d'enseigner aux enfants l'idée que les homme sont mauvais, c'est que certains d'entre eux vont le croire –des enfants qui ont des pères, des frères, qui eux-même deviendront des hommes un jour. C'est un poids terrible pour l'enfant.»

En effet, si les hommes seuls sont désignés comme potentiellement dangereux dès le plus jeune âge de l'enfant, il peut naturellement développer une méfiance et des préjugés à leur égard.

Si la plupart des parents rechignerait à dire à leur enfant «si tu perds, va voir un homme ou une femme, peu importe», il reste tout de même une solution.

D'abord, enseigner à l'enfant qu'il peut également solliciter un père s'il est perdu. Et aussi contextualiser les conseils; lui expliquer que si on lui déconseille de solliciter un homme seul, ça ne veut pas dire que tous les hommes sont de potentiels prédateurs. Cela peut sembler simple, mais il y a fort à parier que la précision n'est que trop rarement apportée.

Reste qu'une vidéo illustre le fait qu'un enfant ne peut parfois compter que sur lui-même s'il se perd. Ni père, ni mère, ni simples passants sans enfants ne viennent d'eux-mêmes à son secours. C'est ce que démontre magistralement une expérience menée par le tabloïd The DailyMail. Alors que deux fillettes font semblant d'être égarées dans une galerie marchande, seule une personne sur une personne sur 616 s'arrête.

N.D.

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