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La Crimée influence-t-elle les rapports entre Russes et Américains dans l'ISS?

Temps de lecture : 2 min

La station spatiale internationale via NASA
La station spatiale internationale via NASA

Les relations diplomatiques pour le moins tendues entre les Etats-Unis et la Russie compliquent-elles la vie des astronautes des deux pays qui travaillent ensemble en orbite à 400 kilomètres de la Terre dans la Station spatiale internationale (ISS)? A priori, la réponse est non, selon l'AFP qui s'est intéressé au sujet.

Les grands pays occidentaux et le Japon viennent d'annoncer qu'ils ne se rendraient pas à Sotchi pour le sommet du G8 qui devait y être organisé par la Russie, et qu'ils se réuniraient à Bruxelles sans les Russes à la place. Barack Obama avait annoncé de nouvelles sanctions contre la Russie jeudi 20 mars à la suite de l'intervention russe en Crimée.

Dans un tel contexte, le blogueur Jean-Pierre urbain est allé jusqu'à imaginer une séparation en deux de l'ISS sur le site de l'Agence science presse québécoise,

«Peu de gens savent que la Station spatiale internationale est double. Il y une section totalement russe et une autre américaine, canadienne (les bras), européenne et japonaise. Dès le début de sa construction, un «divorce» spatial avait été même envisagé. L’utilisation d’une seule petite clé permettrait de détacher la partie russe du reste de la Station.»

Pour les experts interrogés par l'AFP, ce scénario est pourtant peu probable, et il en faudrait bien plus que la situation actuelle en Crimée pour que les deux pays mettent un terme à 13 ans de cohabitation dans la station internationale aux côtés des Européens, des Canadiens et des Japonais.

Leroy Chiao, ancien commandant de l'ISS en 2004 et 2005, affirme que la politique n'est pas taboue dans l'espace, mais qu'il est possible d'en discuter calmement:

«Quand quelque chose comme ça se passe, je suis sûr que l'équipage en parle d'une manière amicale.»

L'astronaute américain Mike Hopkins, qui est rentré de l'ISS le mois dernier après six mois de mission, considère ses homologues russes comme des «amis proches» et décrit la coopération comme «très forte».

Mais au-delà des liens qui se créent dans l'espace, l'AFP souligne que la bonne entente entre les astronautes et les centres de contrôle respectifs sur Terre est dictée par les énormes enjeux financiers:

«Les Etats-Unis ont besoin de la Russie pour transporter les astronautes vers la station spatiale, et payent actuellement en moyenne 70,7 millions de dollars par siège, selon un porte-parole de la Nasa.»

Ce mercredi 26 mars, Steven Swanson, un astronaute américain, va monter dans une navette spatiale Soyuz avec deux cosmonautes russes pour rejoindre un Russe, un Japonais et un Américain déjà présents dans l'ISS. La Nasa a utilisé pour la première fois un avion russe SSJ-100 pour lui rendre visite surle cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan.

Grégoire Fleurot Journaliste

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