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Un an après l'accident de Dacca, des conditions toujours critiques dans les usines textiles du Bangladesh

Camille Jourdan, mis à jour le 13.03.2014 à 12 h 32

Le Rana Plaza / Rijans via Flickr License By

Le Rana Plaza / Rijans via Flickr License By

Près d’un an après l’accident de l’usine textile du Rana Plaza, près de Dacca, capitale du Bangladesh, un récent rapport montre que des progrès restent encore à faire pour garantir la sécurité dans ces industries.

«Plafonds surchargés, câbles apparents, trop peu d’alarmes incendies et trop peu d’extincteurs, et des issues de secours bloquées»; voilà ce qu’ont constaté les inspecteurs missionnés par Accord, une fondation mise en place à la suite du drame du Rana Plaza, rapporte Time.

En mai 2013, environ 130 marques avaient en effet signé un accord sur la sécurité incendie et des bâtiments au Bangladesh. Parmi elles, H&M, Primark, Zara, ou du côté français, Camaïeu, Auchan et Carrefour. Une façon pour ces grandes enseignes qui exploitent les usines du Bangladesh de montrer leurs efforts pour améliorer les conditions de travail dans ce pays. Du moins sur le papier.

Cet accord, à l’initiative de deux syndicats mondiaux (IndustriALL et UNI), envisage d’inspecter d’ici fin septembre 1.500 usines bangladaises productrices de vêtements. Pour l'instant, une dizaine ont vu passer des inspecteurs. Autant dire que le travail n’est pas terminé: le pays, deuxième producteur mondial dans ce secteur après la Chine, compte plus de 5.000 firmes.

Les conditions ne se sont donc que très peu améliorées au Bangladesh dans ces usines de textile. Pourtant, les marques n’hésitent pas à continuer leur commerce là-bas. Leur explication: elles ne sont pas les mieux placées pour mener un grand changement, se justifie le directeur de communication de la chaîne de vêtements australienne Cotton On, dans le magazine Crickey:

«Souvenez-vous que nous sommes une compagnie australienne. Oui, nous pouvons faire pression, mais nous ne sommes pas le gouvernement bangladais.»

Les autorités bangladaises ont certes réévalué le salaire mensuel, mais celui-ci demeure extrêmement bas: 68 dollars par mois. Et il ne compense pas, dans tous les cas, des conditions de travail qui coûtent la vie à des travailleurs, principalement des femmes.

 Pour The Guardian, les marques sont les principales responsables. En septembre 2013, le quotidien britannique écrivait:

«Exiger que ces usines suivent les codes environnementaux et les droits du travail tout en les poussant à baisser leurs prix et leurs délais de livraisons a essentiellement inciter ces usines à cacher leurs problèmes plutôt qu’à les résoudre.»

Les solutions devraient donc émaner principalement de ces marques, explique le journal:

«Les compagnies ont besoin de mettre en place des contrats assurant qu’elles paieront les prix réels de production, y compris les coûts qui garantissent la sécurité et des conditions de travail saines.»

Cette recommandation rejoint les propos tenus dans une tribune de Slate peu de temps après l’accident de Dacca:

«Seule la reconnaissance effective par la loi de la responsabilité sociale des entreprises contrôlantes vis-à-vis de leurs sous-traitants et de leurs filiales pourrait empêcher que de tels drames se reproduisent.»

 

Camille Jourdan
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Journaliste
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