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Malaysia Airlines: comment cherche-t-on un avion disparu?

Grégoire Fleurot, mis à jour le 12.03.2014 à 17 h 52

«Il faut trouver la botte de foin avant de chercher l'aiguille», explique un spécialiste.

A la fenêtre d'un avion de l'armée de l'air vietnamienne qui participe aux recherches du vol MH370 de Malaysia Airlines le 10 mars 2014, REUTERS/Kham

A la fenêtre d'un avion de l'armée de l'air vietnamienne qui participe aux recherches du vol MH370 de Malaysia Airlines le 10 mars 2014, REUTERS/Kham

Le mystère qui entoure la disparition du Boeing 777 de Malaysia Airlines dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 mars rappelle à plus d'un titre les jours qui avaient suivi celle du vol AF447 entre Rio et Paris le 1er juin 2009. Dans les deux cas, les médias ont évoqué deux passagers suspects avant que la piste terroriste ne se refroidisse. Les deux accidents ont entraîné le même débat sur l'absence de données de vol transmises en direct, ce qui aiderait à y voir plus clair beaucoup plus vite dans ce genre de situation.

Mais surtout, les importants moyens déployés actuellement pour retrouver la trace de l'avion de Malaysia Airlines rappellent la longue recherche de l'Airbus A330: il avait fallu deux ans avant de retrouver les fameuses boîtes noires. L'éclairage de ceux qui avaient participé aux recherches de l'appareil d'Air France permet d'avoir une meilleure idée de ce à quoi s'attendre aujourd'hui.

L'avantage relatif des équipes de recherche dans le cas actuel est que les eaux du Golfe de Thaïlande au-dessus desquelles les contrôleurs aériens ont perdu le contact avec l'avion sont bien moins profondes que l'endroit où l'on a retrouvé l'A330 d'Air France (à quatre kilomètres de profondeur).

Mike Purcell, l'ingénieur qui avait dirigé la mission de recherche fructueuse par sous-marin robotisé, explique au site Quartz:

«J'ai regardé les cartes du Golfe de Thaïlande, ça a l'air assez plat, ils n'auront pas de problèmes comme le "shadowing" (quand la géographie sous-marine bloque les signaux des sonar), mais ils vont devoir gérer le fait qu'ils sont dans des eaux peu profondes. Le son réfléchi par la surface ainsi que par le fond de la mer [...] brouille l'enregistrement.»

Malgré ce maigre motif d'espoir, les recherches actuelles se heurtent à un gros problème: aucune trace de l'avion n'a été retrouvée, alors que des débris avaient été aperçus quelques jours après la disparition du vol AF447, ce qui avait permis de faire des calculs prenant en compte les courants et les vents pour retrouver l'endroit où les débris étaient entrés dans l'eau.

L'océanographe David Gallo, qui dirigeait les recherches en 2009, a expliqué à CBS News que la tâche s'annonce particulièrement compliquée du fait du peu d'informations disponibles sur la zone de recherche:

«J'aime toujours dire qu'il faut commencer par trouver la botte de foin avant de chercher les morceaux de l'aiguille dans cette botte de foin, et dans le cas présent la botte de foin est énorme parce qu'on a pas les indices.»

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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