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La NSA a son courrier des lecteurs pour les espions et leurs petits problèmes: «Ask Zelda!»

Andréa Fradin, mis à jour le 10.03.2014 à 13 h 12

Vue aérienne du siège le NSA / Crédits: NSA

Vue aérienne du siège le NSA / Crédits: NSA

La NSA a beau surveiller les communications sur Internet du monde entier, elle n'en reste pas moins une organisation comme les autres, faite d'employés, de cadres... et de problématiques tout ce qu'il y a de plus prosaïque. Des petits tracas du quotidien auxquels répond une mystérieuse «Zelda», manager de l'agence depuis plus de vingt ans, dans une sorte de courrier des lecteurs interne à la NSA. 

Mises en place depuis 2010, ces chroniques intitulées «Ask Zelda!» («Demandez à Zelda!») sont «diffusées sur l'intranet de l'agence et accessibles uniquement à ceux disposant d'une habilitation suffisante», écrit The Intercept, le média du journaliste Glenn Greenwald, qui a publié les premiers documents d'Edward Snowden sur la surveillance américaine du Net.

Les extraits de cette rubrique font d'ailleurs «partie des documents sortis par le lanceur d'alerte de la NSA Edward Snowden», poursuit The Intercept, qui publiait fin février des détails croustillants sur la façon dont les espions piègent leur cible sur Internet.

Et le site de décrire le contenu assez surréaliste de ce fil conseil de la NSA:

«Les chroniques sont souvent amusantes –des sujets qui abordent aussi bien des collègues qui s'endorment au travail, des sodas qui sont volés dans des réfrigérateurs mis en commun, des superviseurs qui ne répondent pas aux mails, ou des collègues qui sentent mauvais.»

Zelda donne aussi son avis sur «ces shorts et ces claquettes» qui envahissent la NSA «dès que le thermomètre atteint les 27 degrés». Verdict:

«Ça ne véhicule pas vraiment l'image d'un féroce guerrier de la SIGINT [pour «Renseignement électronique», l'une des missions de la NSA].»

Extrait du «Dear Zelda» sur le statut des claquettes et des shorts à la NSA. Le «Dear Prudence» de la réponse est-il un hommage à la rubrique de Slate.com?

Pas de grands secrets révélés cette fois-ci. Mais ces informations «éclairent en revanche la culture de bureau de la NSA», note justement Ars Technica.

Un point de vue inédit, bien loin du culte du secret et de l'aura mystérieuse, digne des meilleurs thrillers, qui entourent habituellement la NSA. Qui permet en plus de mettre au jour des situations cocasses. Comme le souligne en effet The Intercept, l'avis éclairé de la fameuse Zelda (nom d'emprunt derrière lequel le média imagine une femme) a été sollicité dans un cas... de surveillance au bureau:

«L'une des rubriques les plus intriguantes implique une lettre d'un employé de la NSA qui se plaint du fait que son (ou sa) patron(ne) espionne ses employés.»

Réponse de Zelda à l'intéressé: cette pratique «déplorable» est susceptible de «détruire le travail d'équipe», effet d'autant plus néfaste que «la confiance est difficile à reconstruire une fois brisée.»

Extrait de la chronique sur la surveillance au sein même de la NSA

Une mise en abyme doublée d'un argumentaire qui «résonnent avec les défenseurs des libertés civiles», ironise Ars Technica, ainsi que tous ceux qui seront ravis d'apprendre que la NSA s'offusque ainsi des effets dévastateurs de la surveillance inopinée...

Andréa Fradin
Andréa Fradin (204 articles)
Journaliste
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