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En attendant le «Sébastopol», le «Vladivostok», navire vendu à la Russie par la France, prend la mer

Temps de lecture : 2 min

Un ouvrier sur les Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire. REUTERS/Stéphane Mahé.
Un ouvrier sur les Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire. REUTERS/Stéphane Mahé.

Mercredi 5 mars, le navire Vladivostok, que la France doit livrer à la Russie fin 2014, a pris la mer pour la première fois à Saint Nazaire, en Loire-Atlantique.

Alors que les tensions grandissent entre la Russie et les pays occidentaux sur fond de crise ukrainienne, ce bateau construit sur les chantiers STX a été mis en mer vers 18h30. Le navire a été «conçu pour renforcer la capacité de la Russie à déployer ses troupes, ses tanks, et ses hélicoptères de combat», écrit l'Associated Press, relayée par le Washington Post.

Le Vladivostok n’est qu’une partie du marché passé entre la France et la Russie en 2011, pour la somme record de 1,2 milliard de dollars (875 millions d'euros). En effet, un autre navire du même type sera construit en France d’ici la fin de l’année et envoyé en Russie en 2015. Et les Russes l’ont baptisé… Sébastopol.

Si vous en doutiez, c’est bien le nom de la base navale russe en Crimée, que les Russes ont choisie pour commencer leurs opérations vers l'Ukraine. Nom qui évoque aussi, en France, celui de la ville assiégée lors de la meurtrière guerre franco-russe de 1853-1856.

La situation paraît donc assez paradoxale, à l’heure où François Hollande évoque un «recours à des sanctions» contre l’attitude de la Russie en Ukraine, comme le titrait Le Parisien mardi matin. La France doit-elle arrêter son commerce militaire avec la Russie? A cette question, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a prévenu sur RTL qu’«on n’en est pas là».

Pourquoi tant d’attachement à commercer avec la Russie? Vincent Jauvert, du Nouvel Observateur, soulève un point important:

«Les chantiers navals sont situés à Saint-Nazaire, fief du Premier ministre Ayrault. L’un explique-t-il l’autre?»

Pour l'Associated Press, la France trouve dans l'activité de ses chantiers navals un moyen de parvenir à son principal objectif: inverser la courbe du chômage. «Ce marché sous-tend 1.000 emplois», rappelle l'agence américaine.

«Moscou a quelques éléments pour faire réfléchir les Français, notamment la commande éventuelle de deux nouveaux bâtiments du même type. À 600 millions d'euros le navire, cela fait réfléchir!», ironise de son côté Jean Guisnel sur Le Point.

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