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La Crimée passe sous contrôle militaire russe

Slate.fr, mis à jour le 01.03.2014 à 7 h 36

Troupes russes à l'aéroport de Simféropol (Crimée) 28 février 2014. REUTERS

Troupes russes à l'aéroport de Simféropol (Crimée) 28 février 2014. REUTERS

Les communications entre la Crimée et le reste de l’Ukraine étaient coupées, vendredi 28 février dans la soirée, confirmant la prise de contrôle de fait cette région par les troupes russes. «Nous assistons aujourd'hui à une invasion armée russe [...]. L'espace aérien est fermé en raison du grand nombre d'atterrissages d'avions et d'hélicoptères russes», a déclaré le représentant du président ukrainien en Crimée, Sergueï Kounitsyne, à la chaîne de télévision ART.

Mais c'est une invasion sans tambours ni trompettes. Les troupes ne sont pas vraiment identifiées, mais elles sont bien là. Ainsi, dans la nuit de vendredi à samedi des avions gros porteurs militaires russes auraient amené à Sébastopol 2000 soldats russes supplémentaires.

Vendredi, à l’aube, des troupes de marine russes venues de la bases sur la mer Noire de Sébastopol et des parachutistes avaient pris le contrôle des principaux aéroports de Crimée ainsi que des principaux ponts, nœuds routiers et centrales électriques. Et cela même si les sources occidentales décrivaient seulement comme «des hommes armés» les parachutistes qui ont saisi l’aéroport de la capitale de la Crimée, Simféropol, à 80 kilomètres de Sébastopol, et qui la veille ont pris le contrôle du Parlement régional et des bâtiments publics de la ville.

Si des doutes subsistaient, ils ont été levés par le ministre de l’Intérieur ukrainien, Arsen Avakov, qui a appelé un chat un chat et le premier a parlé «d’une invasion armée et d’une occupation qui viole toutes les lois internationales».

Jeudi, Moscou avait pu mesurer le manque de volonté des Etats-Unis de s’engager quand le secrétaire d’Etat américain John Kerry a appelé le ministre des Affaires étrangères russe Sergeï Lavrov pour proposer un dialogue afin de stabiliser la situation. John Kerry et le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel ont même expliqué avoir reçu l’assurance que l’important exercice militaire russe impliquant 150.000 hommes à la frontière avec l’Ukraine avait été programmé depuis longtemps…

Vendredi 28 février en fin de journée (heure française), Barack Obama a bien mis en garde Vladimir Poutine contre toute «invasion» de l'Ukraine... comme si elle n'avait pas déjà commencé. Et la Maison Blanche a ensuite laissé entendre qu'elle pourrait annuler sa participation au G8 de Sotchi en juin prochain. Mais comme le résume plusieurs commentateurs américains, Barack Obama a tout simplement dit à Vladimir Poutine, «que nous n'allons rien faire».

Les Etats-Unis font partie, avec le Royaume-Uni et la Russie, des pays qui se sont portés garants de l'indépendance de l'Ukraine dans le mémorandum de Budapest, signé en 1994, en échange de son renoncement aux armes nucléaires après la chute de l'Union soviétique, dont elle faisait partie.

Manifestement, Moscou comme Washington semblent estimer que le nouveau pouvoir à Kiev va être confronté à un tel effondrement économique qu’il ne pourra pas rester en place longtemps et qu’il lui faudra trouver une solution plus favorable aux intérêts russes. Pour l’instant, Vladimir Poutine a fait une démonstration de force en s’assurant de fait le contrôle de la Crimée. Il peut attendre que la situation pourrisse à Kiev. Il pourra alors demander aux autorités à Kiev d’honorer «l’accord de paix» signé avec le président déchu Ianoukovitch sous l’égide des ministres des Affaires étrangères français, allemand et polonais.

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