Crimée: quand la Russie (et l'URSS) ont envoyé l'armée, en vidéos

Des hommes armés gardent l'aéroport de Simferopol en Crimée le 28 février 2014, REUTERS/Baz Ratner

Des hommes armés gardent l'aéroport de Simferopol en Crimée le 28 février 2014, REUTERS/Baz Ratner

Le ministre de l'Intérieur ukrainien par intérim, Arsen Avakov, a dénoncé vendredi 28 février comme une «invasion» l'occupation de deux aéroports de Crimée par des soldats russes. Des manifestations séparatistes ont eu lieu dans cette république autonome appartenant aujourd'hui à l'Ukraine, pays tiraillé entre l'Est russophone et l'Ouest plutôt nationaliste et pro-européen.

Deux jours plus tôt, Vladimir Poutine avait ordonné des manœuvres militaires pour mettre la pression sur l'Ukraine, qui vient de se débarrasser de son président pro-russe Viktor Ianoukovitch. Si l'on ne peut pas encore parler d'intervention militaire russe (les hommes armés qui ont investi sans violence les aéroports en Crimée ont des uniformes non-identifiés et refusent de donner leur nationalité), un tel scénario n'est pas à exclure, et serait l'une des rares fois depuis la Seconde Guerre mondiale où l'armée soviétique puis russe mènerait une opération militaire à l'étranger.

John Kerry lui-même a rappelé la tradition anti-interventionnisme russe mercredi:

«Pour un pays qui s'est si souvent opposé à des interventions étrangères en Libye, en Syrie et ailleurs, il serait important pour eux de tenir compte de ces mises en garde au moment de considérer les options dans la nation souveraine d'Ukraine.»

Voici un petit rappel en images des quelques précédents d'intervention russe directe à l'étranger:

Hongrie | 1956

Dans la nuit du 23 au 24 octobre 1956, l'URSS répond au soulèvement du peuple hongrois en envoyant  6.000 hommes et 250 chars soviétiques dans la capitale Budapest. Le conflit durera jusqu'au 10 novembre, faisant 2.500 victimes côté hongrois et 700 côté soviétique:

Tchécoslovaquie | 1968

Plus de 10 ans après Budapest, les troupes du Pacte de Varsovie (URSS, RDA, Hongrie, Bulgarie et Pologne) envahissent la République socialiste de Tchécoslovaquie pour mettre fin au mouvement de libéralisation politique du Printemps de Prague. Bilan: une centaine de morts de chaque côté.

Afghanistan | 1979/1989

En décembre 1979, les soldats soviétiques entrent en Afghanistan, pays voisin où règne une forte instabilité politique, pour installer au pouvoir un homme de confiance de l'URSS, Babrak Karmal. S'ensuivent dix ans d'une guerre avec les moudjahidin soutenus par les Etats-Unis qui a dévasté le pays, fait plusieurs dizaines de milliers de morts et qui reste un des symboles de la Guerre froide.

Géorgie | 2008

Le court conflit géorgien de 2008 n'est pas sans rappeler la situation actuelle en Ukraine. A l'époque, les affrontements mettent aux prises la Géorgie et sa province séparatiste d'Ossétie du Sud soutenue par la Russie (une première guerre avait fait 3.000 morts au début des années 1990). A la suite d'une offensive géorgienne dans la nuit du 7 au 8 août, la Russie déclenche une guerre planifiée par Poutine depuis 2006.

Comme aujourd'hui en Ukraine, les comparaisons avec la Guerre froide avaient refait surface. La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice avait fait allusion à la répression du Printemps de Prague en déclarant:

«Nous ne sommes plus en 1968.»

Bilan du conflit qui n'a duré que neuf jours: plusieurs centaines de morts, dont une bonne partie de civils.

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