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Les espions britanniques ont peut-être vu votre pénis sur Yahoo Messenger

Grégoire Fleurot, mis à jour le 27.02.2014 à 18 h 39

La base de la Royal Air Force de Menwith Hill, qui fournit des communications et des renseignements au Royaume-Uni et eux Etats-Unis près d'Harrogate, dans le nord de l'Angleterre, le 15 juin 2013, REUTERS/Nigel Roddis

La base de la Royal Air Force de Menwith Hill, qui fournit des communications et des renseignements au Royaume-Uni et eux Etats-Unis près d'Harrogate, dans le nord de l'Angleterre, le 15 juin 2013, REUTERS/Nigel Roddis

Le GCHQ, l'agence de renseignement électronique du gouvernement britannique, a intercepté et stocké avec l'aide de la NSA américaine les images prises avec les webcam de millions d'internautes du monde entier qui ne faisaient l'objet d'aucun soupçon, révèle The Guardian ce jeudi 27 février en se fondant sur des documents fournis par l'ancien consultant de la NSA Edward Snowden.

Les documents du GCHQ, qui datent d'entre 2008 et 2010, «affirment explicitement qu'un programme de surveillance répondant au nom de code Optic Nerve a collecté des images figées tirées de conversations vidéo sur Yahoo et les a enregistrées sur les bases de données de l'agence, sans se soucier de savoir si les individus étaient des cibles du renseignement ou pas», écrivent les journalistes Spencer Ackerman et James Ball.

Le système, mis en place parce que l'agence britannique savait que certaines de ses cibles utilisaient les salons de discussion vidéo Yahoo, ne collectait pas des conversations entières, mais enregistrait une image toutes les cinq minutes à des fins de reconnaissance faciale.

Sans surprise, une bonne partie des images récoltées s'est avérée être des communications à caractère sexuel (hé oui, qui dit chat vidéo sur Internet dit forte probabilité de voir un gros plans de pénis), ce qui a posé des problèmes au GCQH qui écrit dans un des documents:

«Malheureusement [...] il semblerait qu'un nombre surprenant de personnes utilisent les conversations vidéo pour montrer des parties intimes de leur corps à l'autre personne. Le fait que le logiciel de Yahoo permette à plus d'une personne de regarder une un signal vidéo sans nécessairement envoyer de signal réciproque signifie qu'il semble être parfois utilisé pour diffuser de la pornograpie.»

Contacté par The Guardian, Yahoo déclare ne jamais avoir entendu parler du programme d'interception, et accuse les agences en responsables d'avoir atteint «un tout nouveau niveau de violation de la vie privée» de ses clients.

A la lecture de ces nouvelles révélations, on ne peut s'empêcher de penser à un récent article de NBC News, toujours fondé sur les documents du lanceur d'alerte Edward Sowden, qui mettait au jour l'utilisation des méthodes des espions britanniques, accusés d'utiliser «le sexe et des "sales coups" pour décrédibiliser certaines de leurs cibles».

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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