Parents & enfants / Monde

On peut enfin le dire: les «mauvaises mères» sont insupportables

Temps de lecture : 2 min

Zoo de Zurich en 2002. REUTERS/Andreas Meier
Zoo de Zurich en 2002. REUTERS/Andreas Meier

Déclarer qu'on est une «mauvaise mère» est très tendance. Aux Etats-Unis et en France, ces mauvaises mères écrivent des blogs (ou des livres) pour prouver qu’elles ne correspondent absolument pas à l’idéal de la bonne mère. Il y a donc la «maman flippante», la «pire maman du monde» ou tout simplement la «mauvaise maman».

Il ne s’agit évidemment pas de réelles mauvaises mères –les parents négligeants s’amusent rarement à écrire des articles sur les petits pots et les siestes– mais plutôt de mères qui veulent adopter une posture un peu rebelle.

Sur Salon.com, la journaliste Elissa Strauss nous explique pourquoi elles sont insupportables:

«Les mauvaises mères d’aujourd’hui sont très satisfaites d’elles-mêmes, souvent plus satisfaites d’elles-mêmes et méprisantes que les bonnes mères qu’elles critiquent.»

Au départ, la figure décomplexée de la mauvaise mère avait une fonction salutaire. Il s’agissait d'arrêter de culpabiliser parce qu'on n'avait pas atteint la perfection maternelle, et d’encourager tout le monde à raconter ses erreurs avec humour.

Mais pour Elissa Strauss, la «bad mom» est devenu un tyran qui juge tout le monde. Moi je m’en fiche de vos problèmes d’allaitement et de microbes. Je suis cool. Cette attitude peut être rapidement pénible.

Pendant les premiers mois de la vie de son fils, Elissa Strauss raconte qu’elle n’est pas beaucoup sortie de chez elle de peur que son bébé ne tombe malade.

«Lorsqu’une amie m’a rétorqué qu’elle refusait de rester enfermée à cause de son nouveau-né, je me suis sentie idiote. Je n’étais pas assez “mauvaise mère”.»

Les racines de cette controverse un peu absurde ont probablement été plantées par la romancière Ayelet Waldman, qui a rédigé en 2005 un article dans le New York Times pour expliquer qu’elle aimait son mari plus que ses quatre enfants, et que si son mari mourrait, ce serait pire pour elle que si un de ses enfants mourrait. Une prise de position qui lui a valu de nombreuses insultes, mais aussi une multitude d'interviews. Quelques années plus tard, elle publiait Bad Mother, un best seller.

Ayelet Waldman est pleinement consciente du paradoxe de la bad mom, qu'elle explique très bien dans son livre:

«Nous les mauvaises mères prenons plaisir à confesser nos péchés car nous savons que les mères qui s’approchent le plus de l’idéal de la Bonne Mère, celles qui se sacrifient, qui sont humbles, douces, joyeuses et infiniment patientes sont en fait les vraies mauvaises mères.»

C.L.

Claire Levenson Journaliste

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