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Sotchi: la surveillance russe est plus à craindre que les hackers

Alexandra Le Seigneur, mis à jour le 10.02.2014 à 16 h 18

- REUTERS/Kacper Pempel/Files -

- REUTERS/Kacper Pempel/Files -

Doit-on vraiment s’inquiéter du piratage de données informatiques en Russie? Est-ce vraiment la préoccupation du moment, quatre jours après l’ouverture des Jeux olympiques de Sotchi? Alors que NBC, une chaîne de télévision américaine, diffusait le 4 février un reportage sur les hackers russes et la protection des données en ligne, The Verge, site spécialisé américain, rappelle que le souci numéro un reste la surveillance de l’Etat russe sur le web.

Dans le reportage diffusé par NBC, le journaliste Richard Engels, arrive à Moscou avec deux ordinateurs et un smartphone neufs, afin de découvrir en combien de temps ses appareils se font hacker. Résultat: «En moins d’une minute.» «Les visiteurs entrent dans un champ de mines», prévient le journaliste.

Un danger soulevé par le département de sécurité intérieure américain qui prévient les voyageurs qu’il faut considérer les risques de hacking: spam, phishing, etc. Richard Engels insiste:

«Les voyageurs ne doivent pas s’attendre à ce que leur vie privée soit respectée, même pas dans leur chambre d'hôtel.»

Mais The Verge relativise et explique que ces «malwares» (pour «logiciels maveillants», qui désignent virus, vers, chevaux de Troie... bref, tous les programmes susceptibles d'affoler votre anti-virus) auraient pu être téléchargés depuis n'importe quel coin du monde et avoir les mêmes effets sur l'ordinateur du journaliste. Pour le blog Errata Security, le reportage de NBC est donc «erroné dans les moindres détails»

«Cela ne veut pas dire que les jeux de Sotchi sont entièrement dénués de malware», signale The Verge, c’est juste qu’il faut remettre la situation dans son contexte. La cybercriminalité en Russie n’est pas quelque chose de nouveau, la fraude en ligne étant d’ailleurs «une activité lucrative», explique The Verge.

Le site s’interroge sur cette obsession et sur le mythe du hacker russe. Un mythe qui n’en est pas vraiment un puisqu’en janvier 2014, The Verge faisait part de l’arrestation d’un hacker russe de 24 ans qui avait réussi à infiltrer des virus dans plus de 1,4 million d’ordinateurs.

Le reportage de NBC ne prouve en rien que le hacking aux JO de Sotchi sera un véritable problème. Pour The Verge, le problème provient d'abord «des personnes qui dirigent les réseaux en premier lieu». Autrement dit, l'Etat russe:

«Pour la plupart des chercheurs en sécurité, les jeux ne sont pas un exemple de l'anarchie numérique, mais l'une des campagnes à court terme les plus intensives de surveillance numérique que le XXIe siècle n’ait jamais connu.»

On avait déjà parlé ici des caméras de surveillance dans les salles de bain des chambres d'hôtels, et du «"cercle d’acier" [mis en place] autour de Sotchi, synonyme d'une surveillance permanente de la zone». Sur le terrain, comme sur Internet.

Alexandra Le Seigneur
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