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34% des femmes au Pakistan estiment que tenir tête à son mari justifie la violence conjugale

Temps de lecture : 2 min

Femmes s'apprêtant à voter à Karachi, le 11 mai 2013. REUTERS/Akhtar Soomro
Femmes s'apprêtant à voter à Karachi, le 11 mai 2013. REUTERS/Akhtar Soomro

34% des femmes au Pakistan disent que la violence infligée aux épouses par les maris peut être justifiable si l'épouse a osé lui tenir tête, rapporte The Express Tribune, quotidien de langue anglaise au Pakistan et partenaire du New York Times.

Un rapport publié par l'organisme de santé et de démographie du Pakistan, traitant de nombreux sujets (de la mortalité infantile à la connaissance du Sida), a notamment demandé à des femmes dans quels cas les violences conjugales pouvaient être justifiées. 13.558 femmes et 3.134 hommes, entre 15 et 49, ont été interrogés. Tous ont déjà été mariés au moins une fois dans leur vie.

Six raisons pour lesquelles la violence conjugale était ou non justifiable étaient proposées: si la femme fait brûler le repas, si elle lui tient tête, si elle sort sans le prévenir, si elle néglige leurs enfants, si elle refuse d'avoir des rapports sexuels avec lui, et si elle néglige sa belle-famille. Les personnes interrogées pouvaient choisir plusieurs de ces motifs.

Le motif le plus largement toléré est le fait que l'épouse ose tenir tête à son mari, mais 28% des femmes considèrent que si elle néglige sa belle famille la violence est justifiée, et 18% estiment qu'avoir fait brûler le repas est un motif suffisant.

La majorité des hommes (19.8%) estiment que le motif le plus valable est que la femme sorte sans avoir prévenu.

Le Pakistan est l'un des pays où les femmes sont le plus victimes de violences. C'est le pays de Malala Yousafzi, victime d'une tentative d'assassinat pour avoir défendu le droit à l'éducation des filles.

«La violence domestique – coups, viol, brulures à l’acide, homicides – est une pratique répandue au Pakistan», expliquait en avril 2013 Médecins du Monde. Les chiffres exacts sont difficiles à obtenir, mais «il est considéré que ces sévices affectent à des degrés divers plus de la moitié des femmes pakistanaises. Les femmes qui trouvent le courage de porter plainte se trouvent confrontées à l’attitude laxiste de la police et de l’appareil judiciaire, et sont souvent renvoyées dans leur famille auprès de leurs agresseurs».

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