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Alzheimer n'est plus une maladie réservée aux pays riches

Joshua Keating, mis à jour le 29.01.2014 à 17 h 10

- Malade d'Alzheimer au Portugal, en 2009. REUTERS/Nacho Doce -

- Malade d'Alzheimer au Portugal, en 2009. REUTERS/Nacho Doce -

Natacha Khan et Daryl Loo de Bloomberg se penchent sur le problème grandissant de l'Alzheimer en Chine. Selon une estimation, le pays a maintenant la plus grande population de malades.

En Chine, il y a seulement 300 médecins compétents pour soigner plus de 9 millions de malades de démence. La pénurie accable les familles et menace les ressources d'une aide sociale déjà dépassée par le vieillissement du pays... L'espérance de vie en Chine a augmenté de sept ans depuis 1990 pour atteindre 76 ans. Le revers de la médaille de ce progrès est que la population vieillissante s'est combinée à une rapide modernisation pour alimenter une élévation des maladies mentales, de la dépression à l'Alzheimer, alors que la nation a directement limité les ressources destinées aux plus âgés

Entre 2000 et 2010, le nombre de patients atteints par la maladie d'Alzheimer a augmenté de 53%, jusqu'à un nombre estimé à 5,7 millions.

Ce n'est pas juste un cas chinois. Après avoir été considérée pendant des années comme une maladie de riches, Alzheimer prolifère de plus en plus dans les pays à revenus moyens —et bas. Une étude du Lancet parue en 2008 a montré que les taux de démence «dans l'Amérique Latine urbaine (environ 10%) ressemblent à ceux des pays riches».

D'après Alzheimer Disease International, qui siège à Londres, «déjà 62% des gens souffrant de démence vivent dans des pays en développement, mais d'ici 2050, cela va augmenter jusqu'à 71%. L'augmentation la plus rapide dans la population âgée a lieu en Chine, et chez ses voisins du sud de l'Asie et de l'Ouest du Pacifique».

Il y a évidemment une certaine victoire pour la santé publique dans le fait que l'espérance de vie, même dans les pays en développement, atteigne le point où des maladies telles qu'Alzheimer ou le diabète deviennent des problèmes répandus. Mais c'est aussi le signe qu'au siècle prochain, on pourrait avoir besoin de revoir nos priorités.

Joshua Keating

Traduit par Alice Bru

Joshua Keating
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Journaliste
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