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Et si l'Ecosse devenait un pays scandinave?

Alice Bru, mis à jour le 28.01.2014 à 10 h 27

Un militant en faveur de l'indépendance devant le château d'Edimbourg. REUTERS/David Moir.

Un militant en faveur de l'indépendance devant le château d'Edimbourg. REUTERS/David Moir.

De britannique, l'Ecosse pourrait-elle devenir scandinave? C'est, selon le Guardian, le rêve que caressent les dirigeants du Parti national écossais (SNP) pour l'avenir de leur nation, qui décidera par référendum le 18 septembre prochain de prendre ou non son indépendance.

Il faut dire que la Scandinavie est une terre accueillante. Les pays qui la composent, bien que très liés, sont tous indépendants les uns des autres, leur économie est florissante, la société égalitaire et leurs habitants jouissent d'une sécurité sociale particulièrement efficace. C'est pourquoi Edimbourg se voit adhérant aux institutions partagées entre la Norvège, la Suède et le Danemark, notamment le Conseil nordique.

Angus Robertson, porte-parole du SNP, plaide pour sa cause auprès du Guardian:

«Étant donné que l'Ecosse est un pays du nord de l'Europe, avec l'Atlantique à l'Ouest, le passage du GIUK au sud et la mer du Nord à l'Est, nous devons prendre la responsabilité des défis sécuritaires et environnementaux auxquels nous faisons face. Mais l'Ecosse a besoin de disposer de tous les outils que l'indépendance peut lui offrir.»

Pourtant, rapporte The Independent, les obstacles sont nombreux avant que l'Ecosse ne puisse prétendre être un «tigre économique du Nord» dans «l'arc de la prospérité» scandinave cher à Alex Salmond, le Premier ministre écossais. Si elle obtient son indépendance à l'automne prochain, elle ne sera pas pour autant versée dans l'espace Schengen et son adhésion automatique à l'UE est encore moins sûre.

Il faudrait aussi régler le cas de la monnaie, ajoute le Figaro, puisque le Royaume-Uni n'entend pas avoir d'alliance monétaire avec un autre état souverain, alors que l'Ecosse voudrait conserver la livre. Enfin, précise The Independent, la dynamique de la Scandinavie, «mieux ensemble», est l'exact contraire de celle de l'Ecosse séparatiste.

L'histoire ne joue pas non plus en faveur de l'Ecosse, explique le chercheur en sciences politiques norvégien Oivind Bratberg au Guardian:

«Les Norvégiens adorent la Grande-Bretagne. Ils se souviennent de la guerre avec loyauté envers Londres, où notre gouvernement et notre famille royale s'étaient réfugiés. Il est très difficile de concevoir l'Ecosse détachée du Royaume Uni.»

Enfin, l'idée a quand même ses défenseurs, comme Gunnar Wetterburg, historien et auteur suédois:

«Si les Ecossais nous appelaient, nous serions enchantés!»

Alice Bru
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