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Le maire de Sotchi affirme qu'il n'y a pas de gays dans sa ville. Ces photos prouvent le contraire

Laurent Pointecouteau, mis à jour le 27.01.2014 à 18 h 01

Le public d’un spectacle de travestis au cabaret Mayak, à Sotchi, le 28 octobre 2013. REUTERS/Thomas Peter

Le public d’un spectacle de travestis au cabaret Mayak, à Sotchi, le 28 octobre 2013. REUTERS/Thomas Peter

«Il n’y a pas de gays à Sotchi.» C’est le maire de la ville lui-même qui l’a déclaré à la BBC dans un entretien diffusé lundi 27 janvier. Le maire de Sotchi se trompe. Ou veut tromper le monde. Car Sotchi était, il n’y a pas si longtemps, l’une des villes les plus tolérantes de Russie vis-à-vis des homosexuels. La preuve, ce reportage de Reuters publié le 17 décembre 2013 sur la scène gay de la ville. Tolérante, mais pour combien de temps encore?

Avant même que l’homosexualité ne soit finalement dépénalisée en Russie, en 1993, «les plages de Sotchi avaient gagné la réputation d'être des lieux de rencontre pour des gays à la recherche de partenaires», souligne le journaliste de Reuters. Mais «le nombre de gays est en baisse depuis des années, raconte le co-propriéaire d'une des rares boîtes gay de Sotchi, Roman Kochagov. Chaque année, il en reste de moins en moins... maintenant, ils ont presque tous disparu». Lui-même envisage de quitter la Russie. 

Car à Sotchi, ou peut-être plus qu'ailleurs à cause des JO, les homosexuels sont dans le collimateur d'un pouvoir qui revendique son homophobie. Aux défenseurs des droits de l'homme qui s'inquiètent, le maire de Sotchi répond, sans finesse: 

«Notre hospitalité sera accordée à tous ceux qui respectent les lois de la Fédération russe et qui n'imposent pas leur mode de vie aux autres.»

Vladimir Poutine avait tenu des propos comparables quelques jours plus tôt, en demandant aux homosexuels de «laisser les enfants tranquilles». En juillet 2013, le patriarche Cyrille, chef de l’Eglise orthodoxe russe, a proclamé que la tendance internationale à la légalisation du mariage entre individus du même sexe était «un symptôme alarmant de l'apocalypse» et qu’il fallait «tout mettre en œuvre» pour empêcher une telle légalisation en Russie. 

Voici quelques-unes des photographies de Thomas Peter montrant les soubresauts de la communauté gay de Sotchi.

Le militant gay Vladislav Slavsky avec son compagnon, face à la mer Noire, à Sotchi, le 21 octobre 2013. REUTERS/Thomas Peter

Le cabaret Mayak, un des rares clubs gays de Sotchi, le 29 octobre 2013. Le bâtiment n’a qu’une seule lumière extérieure, selon Reuters: «Si ce n’est la musique qui en sort après 22 heures tous les soirs, on devine à peine qu’il s’agit d’une boîte de nuit.» Les jeunes du coin, sachant qu’il s’agissait d’une boîte gay, ont arraché l’enseigne tant de fois que ses propriétaires ont renoncé à la remettre. REUTERS/Thomas Peter

Andreï Tanichev, copropriétaire du Marak, le 28 octobre 2013. REUTERS/Thomas Peter

Dans les vestiaires du cabaret Mayak, le 28 octobre 2013. REUTERS/Thomas Peter

Une drag queen se prépare pour son spectacle, dans les vestiaires du cabaret Mayak, le 28 octobre 2013. REUTERS/Thomas Peter

Un homme se joint aux deux artistes travestis sur les planches du cabaret Mayak, le 28 octobre 2013. Selon Reuters, le public du club gay est «surtout composé de couples hétérosexuels, attirés par l’aspect curieux des lieux». REUTERS/Thomas Peter

Un homme se livre à un strip-tease dans un spectacle de drag queen, au cabaret Mayak, le 28 octobre 2013. REUTERS/Thomas Peter

Vladislav Slavsky avec son compagnon, face à la mer Noire, à Sotchi. REUTERS/Thomas Peter
Laurent Pointecouteau
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