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Une nouvelle carte pour bien comprendre les tensions en Ukraine

Andréa Fradin, mis à jour le 26.01.2014 à 13 h 30

Carte du Washington Post expliquant la situation en Ukraine / Par Max Fisher

Carte du Washington Post expliquant la situation en Ukraine / Par Max Fisher

La situation ne s'apaise pas en Ukraine suite à la proposition du président ukrainien. Samedi 25 janvier, Viktor Ianoukovitch a invité l'opposition à diriger le gouvernement. Un «cadeau empoisonné» pour les chefs de file des partis adverses, engagés dans les manifestations pro-européennes qui déchirent l'Ukraine et plus particulièrement sa capitale Kiev depuis le rejet d'un rapprochement avec l'Union européenne il y a deux mois. 

 Le Washington Post propose deux cartes pour bien comprendre ces mouvements qui se sont intensifiés ces derniers jours (5 morts et des centaines de blessés). Elles établissent une nette corrélation entre la localisation des manifestations, le vote à l'élection présidentielle de 2010, mais aussi la langue majoritairement parlée dans les différentes régions. Le journaliste Max Fisher, à l'origine de ces visualisations, explique la première carte:

«Les lignes rouges montrent les régions où les protestataires assiègent les bâtiments administratifs locaux. Les lignes noires indiquent les régions où les manifestants se sont emparés de ces bâtiments. Les régions bleues sont celles où Ianoukovitch a remporté la majorité aux dernnières élections présidentielles en 2010; le bleu foncé indique celles où il a gagné avec au moins 70% des voix. Les régions oranges montrent les endroits où Yulia Tymoshenko, Premier ministre d'alors et candidate d'un parti pro-européen, a remporté la majorité des voix; avec au moins 70% d'entre elles dans les régions oranges foncées.»

Le croisement de ces deux facteurs, vote et manifestations, trace une frontière franche: «il y a une grosse ligne de démarcation dans la politique Ukrainienne, reprend le Washington Post, une ligne physique et bien réelle qui sépare le nord et l'ouest du sud et de l'est.» 


Carte du Washington Post expliquant la situation en Ukraine en fonction des langues parlées / Par Max Fisher

Une différence que l'on retrouve tout aussi nettement dans la seconde carte. Elle dépeint la langue majoritaire des différentes régions ukrainiennes: au nord et à l'ouest, principalement l'ukrainien (couleur orange), quand le sud et l'est eux, sont dominés par des russophones. 

«Les régions où l'on parle principalement le russe tendent à être plus ouvertes (ou du moins, moins hostiles) aux politiques qui rapprochent leur pays de la Russie, telle celle menée par Ianoukovitch, résume le journaliste américain. Mais les régions où l'on parle ukrainien sont en quête d'une identité nationale ukrainienne qui est plus européenne que russe.»

Et de conclure:

«[Les tensions] sont de nature politiques, oui, mais il s'agit aussi ici d'identité, de la question de ce que signifie être ukrainien.»

Il y a quelques semaines, nous reprenions une première carte du journal américain, plus dense, qui replaçait aussi les différentes langues parlées en Ukraine, ainsi que les ethnies qui peuplent le pays. 

Notre spécialiste des religions Henri Tincq expliquait par ailleurs sur Slate que le critère confessionnel était également à prendre en compte:

«Les manifestations de l’opposition sur la place Maïdan de Kiev viennent rappeler l’engagement politique des Eglises en Ukraine, l’originalité et la complexité de la situation religieuse de ce pays tiraillé, depuis des siècles, entre l’orthodoxie russe à l’Est et l’Occident catholique.»

>> Lire aussi:    
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Andréa Fradin
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Journaliste
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