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Si les habitants du monde entier vivaient dans le pays de leur choix, la population adulte de la France augmenterait de 38%

Temps de lecture : 2 min

Eiffel Tower. Tilt Shift Effect Jason Paul Smith via Flickr CC License by
Eiffel Tower. Tilt Shift Effect Jason Paul Smith via Flickr CC License by

Si demain, tous les adultes du monde pouvaient partir vivre dans le pays de leur choix, lesquels gagneraient en population, lesquels en perdraient et à hauteur de combien? C’est ce qu’a calculé l’institut américain Gallup, dans une étude publiée le 14 janvier sur son site, d’après une enquête mondiale qu’il a mené entre 2010 et 2012. Conclusion: potentiellement, la population adulte de la France grimperait de 38%.

Le chiffre qui permet à Gallup d’effectuer cette estimation, obtenu après environ 520.000 entretiens menés dans 154 pays, est l'«indice net de migration potentielle» (PNMI en anglais). Selon le site de l’institut:

«Le PNMI est le nombre estimé d’adultes qui disent vouloir quitter définitivement un pays si l’opportunité venait à se présenter, qu’on soustrait au nombre des adultes qui voudraient y emménager, exprimé en pourcentage de la population adulte totale. Plus le PNMI positif qui en résulte est élevé, plus large est le gain net potentiel en population adulte.»

Le PNMI moyen pour les cinq régions du monde. Cliquez sur le tableau pour consulter l'enquête entière

L’Europe conserve un score élevé malgré un déclin de l’intérêt pour l’Europe du Sud. La Grèce, par exemple, a glissé en territoire négatif de+11% à -8% depuis l’enquête précédente, publiée en 2009. La Suisse et le Luxembourg, en revanche, ont des indices très élevés (respectivement 136% et 86%), qui s’expliquent cependant leur très faible population: ainsi, 8 millions de personnes vivaient en Suisse fin 2012, parmi lesquelles environ 80% ont plus de 20 ans. Si l’on se base sur ces 80% d’adultes pour exprimer le PNMI en nombre d’habitants, on obtient à peu près une valeur nette de 8.700.000 nouveaux habitants pour la Suisse (ce qui équivaut donc au nombre de personnes voulant s’expatrier en Suisse, auquel on a retiré les habitants actuels voulant la quitter).

Certes, ce chiffre ferait plus que doubler la population du pays (et comme le fait remarquer Joshua Keating sur Slate.com, «c’est tout bonnement impossible»), mais il demeure nettement inférieur aux 141 millions d’habitants que gagneraient les Etats-Unis, destination la plus demandée au monde, comme le confirme Gallup en se basant sur la même enquête. Ce qui fait un PNMI de 45% pour les Etats-Unis —il était de 60% en 2009, une baisse que Joshua Keating trouve «inquiétante».

C’est pourtant moins que la chute qu’a connue la France sur la même période: notre PNMI est passé de 60% à 38% entre le sondage de 2007/2009 et celui de 2010/2012. L’Hexagone demeure cependant le quatrième lieu de vie le plus prisé au monde —après les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Canada, et juste devant l’Arabie Saoudite—, toujours selon l'étude de Gallup.

Qu’en est-il alors de ceux vivant en France mais souhaitant quitter le pays —et qui pèsent sur les 38% de notre PNMI? Nous avons obtenu le chiffre auprès de Gallup: en 2013, 22% des sondés français disaient préférer quitter leur pays de résidence «idéalement, [s’ils en avaient] l’opportunité», pour s'installer durablement ailleurs. Depuis 2008, ce chiffre oscille dans une fourchette de 15% à 23%.

Évidemment, dans la pratique, nous ne vivons pas dans un monde idéal où n’importe qui pourrait vivre où il le désirerait: dans le cas de la France, le nombre réel de migrants demeure largement inférieur à celui que suggère le PNMI calculé par Gallup. Comme l’exposait le Monde en octobre 2013:

«Selon l'organisme européen Eurostat, en 2010, la France est loin d'être le pays qui accueille le plus de migrants: 149.500 étrangers, contre 497.000 au Royaume-Uni, 430.400 en Espagne ou 317.200 en Allemagne. La population non nationale vivant sur le sol français représentait, toujours en 2010, 5,9 % de la population totale, contre 8,8% en Allemagne, 12,3% en Espagne, ou 7,2% au Royaume-Uni. […] On estime que 200.000 à 400.000 immigrés clandestins sont présents sur le sol français.»

Laurent Pointecouteau

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