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Sotchi: la question n'est pas de savoir s'il y aura un attentat, mais quand

Raphaël Czarny, mis à jour le 20.01.2014 à 11 h 22

La police militaire russe dans l'une des gares de Sotchi, le 17 janvier 2014. REUTERS/ Alexander Demianchuk.

La police militaire russe dans l'une des gares de Sotchi, le 17 janvier 2014. REUTERS/ Alexander Demianchuk.

La question n’est pas de savoir s’il y aura un attentat aux Jeux olympiques d’hiver de Sotchi, qui commencent le 7 février prochain, mais de savoir quand cet attentat aura lieu et quelle ampleur il aura. C’est ce qu’explique à Yahoo News le consultant en sécurité David Rathburn, chargé de la protection lors des JO d’Atlanta de 1996.

Pour lui, le principal danger est représenté par Dokou Oumarov, le «Ben Laden russe», émir (autoproclamé) du Caucase, soupçonné d’être responsable de nombreux attentats en Russie, comme celui du 24 janvier 2011 à l’aéroport moscovite de Domodedovo. Oumarov a menacé durant l’été d’attaquer les J.O. Depuis, deux attentats-suicides commis en décembre ont fait 34 morts à Volgograd, l’ex-Stalingrad. Pour Rathburn, «à moins que les Russes n’abattent le commandement et un certain nombre de membres du groupe ou de ses soutiens avant les Jeux, je pense qu’ils sont partis pour avoir de gros problèmes».

Les Jeux olympiques ont été victimes à plusieurs reprises d'attentats terroristes. En 1972, un commando palestinien de l’organisation Septembre noir a pris en otage un groupe d’athlètes israéliens, dont les onze membres ont ensuite été assassinés. En 1996, Eric Rudolph, un terroriste d’extrême-droite américain, a fait exploser une bombe aux cours des Jeux d’Atlanta, causant la mort de deux personnes.

La différence avec Sotchi, c'est que la station balnéaire, contrairement à Munich ou Atlanta, jouxte l’une des régions les plus dangereuses au monde: le Caucase et ses groupes terroristes séparatistes, qui ont basculé dans l’islamisme depuis les guerres de Tchétchénie, dans les années 1990.

La République du Daguestan n’est qu’à douze heures de Sotchi. Le 18 janvier, sept personnes ont été tuées à la suite d’un siège des forces anti-terroristes russes dans sa capitale, Makhatchkala. La veille, seize personnes avaient été blessées dans deux attentats.

Face à ces risques, explique Yahoo News, «le gouvernement russe a mis en place un périmètre appelé "cercle d’acier" autour de Sotchi. La zone de sécurité est sans précédent. Elle mesure près de 100 kilomètres de long, 40 kilomètres de large et elle signifie une surveillance presque intégrale pour les résidents, les visiteurs et les athlètes. Des drones seront déployés dans les airs, des bateaux rapides surveilleront les côtes et un sonar serait chargé de repérer des sous-marins.»

Ces précautions extrêmes n’ont pas empêché le ministère américain des Affaires étrangères d’émettre un avertissement pour les voyageurs qui se rendront à Sotchi. Le sénateur indépendant Angus King, membre du comité du renseignement au Sénat, a indiqué que lui-même n’aurait pas assisté aux J.O, et qu’il n’y aurait pas envoyé sa famille. Même si, comme l'avait relayé Slate.fr, le plus grand danger ne sera pas dans le village olympique, mais bien autour, notamment dans les services de transport.

Raphaël Czarny
Raphaël Czarny (49 articles)
Journaliste
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