Tech & internetMonde

Turquie: Erdogan veut étendre son contrôle d'Internet

Joshua Keating, mis à jour le 14.01.2014 à 11 h 02

Manifestation contre la censure d'Internet à Istanbul le 15 mai 2011, REUTERS/Murad Sezer

Manifestation contre la censure d'Internet à Istanbul le 15 mai 2011, REUTERS/Murad Sezer

Le Financial Times rapporte que, en plein scandale autour de l'enquête pour corruption qui occupe actuellement la politique turque, le parti du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, l'AKP, veut étendre son contrôle de l'Internet:

«Une proposition législative défendue par le parti au pouvoir AKP donnerait au ministre des Transports et de la communication le pouvoir de bloquer des sites Internet soupçonnés de violer la vie privée, ainsi que de forcer les fournisseurs d'accès à Internet à garder des informations sur les mouvements de leurs clients en ligne.»

Vue la trajectoire de la Turquie sur le sujet, tout ceci est inquiétant. Un système de filtrage d'Internet introduit par l'Autorité des technologies de l'information et des communications du pays en 2011 a été présenté comme un système protégeant les enfants de la pornographie, mais a en fait bloqué toutes sortes de contenus répréhensibles, des mots-clés associés au Parti des travailleurs kurdes (PKK) au site Internet de Richard Dawkins (une technique utilisée dans beaucoup d'autres pays).

Selon le dernier rapport de transparence de Google, le gouvernement turc a demandé le retrait de 9.610 contenus d'Internet au cours de la première moitié de 2013, un record mondial et environ trois fois plus que les Etats-Unis, deuxième pays de ce classement.

Google n'a accepté que 13% des demandes de la Turquie, parmi lesquelles figuraient une «décision de justice ordonnant le retrait de tout résultat de recherche renvoyant vers des informations sur un scandale sexuel politique», «une photo de profil de Google+ montrant une carte du Kurdistan» ou encore «17 vidéos YouTube et 109 billets de blog critiquant Atatürk». YouTube a été entièrement bloqué en mars à cause de vidéos jugées insultantes envers Atatürk.

Quand on ne regarde pas que la situation d'Internet, le pays a plus de journalistes en prison que n'importe quel autre pays du monde, y compris l'Iran et la Chine, bien que, comme le soulignait le New York Times ce week-end, le pays semble avoir plus de mal à appliquer la ligne officielle dans les médias traditionnels et sociaux malgré ces méthodes musclées.

Les réseaux sociaux ont semblé jouer un rôle majeur dans les manifestations anti-gouvernementales qui ont éclaté à Istanbul cet été, peut-être même à un degré plus élevé que les très médiatiques révolutions Twitter du Printemps arabe.

Joshua Keating

Traduit par G.F.

Joshua Keating
Joshua Keating (148 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte