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Sur Google Maps, on trouve encore une «place Adolf-Hitler» à Berlin

Annabelle Georgen, mis à jour le 10.01.2014 à 18 h 41

Capture d'écran de Google Maps effectuée par les journalistes de BZ, jeudi 9 janvier.

Capture d'écran de Google Maps effectuée par les journalistes de BZ, jeudi 9 janvier.

Les journalistes du tabloïd berlinois BZ ont fait une étonnante découverte, jeudi 9 janvier, en consultant Google Maps: sur les plans de Berlin du service de cartographie en ligne, la place Theodor-Heuss, située dans le quartier de Charlottenbourg, portait également le nom de «place Adolf-Hitler». Cela fait pourtant près de 70 ans qu'elle ne s'appelle plus ainsi!

Autrefois nommé Reichskanzlerplatz, qui signifie «la place du chancelier du Reich», le lieu a été renommé à la gloire d'Hitler entre 1933 et 1945, avant de reprendre son nom d'origine à la fin de la guerre, puis d'être finalement rebaptisé Theodor-Heuss en 1963, en l'honneur du premier chancelier fédéral, décédé cette année-là, rappelle le quotidien Die Welt.

Mais Google ne semble n'avoir retenu que les heures les plus sombres de l'histoire de cette place berlinoise, puisque son nom d'origine n'apparaît nulle part sur les plans. D'après BZ, qui a eu le temps de faire le test, en tapant l'entrée «Adolf Hitler Platz» dans la barre de recherche de Google Maps, on tombait sur la place Theodor-Heuss.

Contactée par le quotidien, la direction du moteur de recherche américain a indiqué ne pas pouvoir expliquer l'origine de cette erreur et annoncé qu'elle allait procéder à des vérifications. Quelques heures plus tard, on ne trouvait plus de trace de la place Adolf-Hitler sur les cartes. En faisant la même recherche vendredi'hui, aucune carte ne s'affichait mais Google nous proposait d'utiliser «Theodor Heuss Platz» comme terme de recherche, preuve que les deux dénominations continuent d'être indexées dans la base de données de Maps...

Cet anachronisme malheureux a suscité l'indignation chez les twittos allemands, certains utilisateurs utilisant le hashtag #unerträglich (insupportable) pour donner plus de poids à leurs critiques, et aiguisé la curiosité de la presse locale, à l'image du quotidien Der Tagesspiegel, qui a traqué les reliques fascistes qui traînent sur Google Maps. Ses recherches ont par exemple montré que la Karl-Marx-Allee, une avenue monumentale de Berlin-Est, construite en l'honneur de Staline, et qui porta le nom du dictateur soviétique —qui n'y mit jamais les pieds, d'ailleurs— jusqu'en 1961, est indexée sous ces deux noms sur le service de cartographie de Google.

Encore plus surprenant, la ville d'Eisenhüttenstadt, située en ex-Allemagne de l'Est, est également référencée sous le nom de «Stalinstadt», ville de Staline, qu'elle portait entre 1953 et 1961, avant d'être renommée Karl-Marx-Stadt jusqu'à ce que ses habitants, à la Réunification, décident par référendum de lui redonner son nom d'origine.

Annabelle Georgen
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