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La NSA a failli détruire Internet tel que nous le connaissons

Raphaël Czarny, mis à jour le 09.01.2014 à 18 h 51

Le logo de la NSA sur un téléphone portable, REUTERS/Pawel Kopczynski.

Le logo de la NSA sur un téléphone portable, REUTERS/Pawel Kopczynski.

L’agence de sécurité nationale américaine (NSA) a failli détruire les fondamentaux sur lesquels reposent Internet. C’est la thèse d’une impressionnante enquête signée Steven Levy pour le magazine américain Wired. L’auteur raconte comment les géants du web –Yahoo, Facebook, Google, etc.– ont traversé le choc consécutif aux révélations d’Edward Snowden sur la surveillance en ligne et la récupération de centaines de milliers de data –dont une large partie à l’insu de ces compagnies elles-mêmes.

«Il n’y avait pas que de l’argent en jeu. Mais aussi des idéaux qui avaient soutenu le monde des technologies […]. Les fuites de Snowden interrogeaient le rôle d’Internet comme symbole de la liberté d’expression […]. Si le Net devenait un moyen de surveillance étendu, la paranoïa qui en résulterait pourrait affecter la façon dont les gens s’en servent.»

En effet, explique Steven Levy, le risque induit par les révélations de Snowden est la mise en place d’un «protectionnisme des données»: que les Etats exigent des entreprises la conservation de leurs données à l’intérieur des frontières nationales.

«Pour la plupart des gens familiers des protocoles d’Internet, cela semble fou. David Drummond, de Google, désigne le résultat –une douzaine d’Internet indépendants, qui ne communiquent pas entre eux– comme des "splinternets" […] L’une des pires conséquences serait de décourager les start-ups. Facebook ou YouTube auraient-ils jamais décollé s’ils avaient dû trouver une solution pour stocker leurs données dans des dizaines de pays différents?»

L’année 2014 a été lancée par trois éditoriaux, relayés par Slate.fr, sur la situation d’Edward Snowden, toujours réfugié en Russie. Pour le Guardian et le New York Times, Barack Obama doit gracier le lanceur d’alerte. Fred Kaplan, chroniqueur pour Slate.com, estime qu’il ne fut pas abandonner les poursuites contre l’ancien sous-traitant de la NSA, qui est allé «beaucoup plus loin» que simplement révéler la surveillance intérieure exercée par le gouvernement américain sur ses citoyens.

Raphaël Czarny
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Journaliste
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