Tech & internet / Monde

Comment un bureaucrate irlandais se retrouve à protéger les données du monde entier

Temps de lecture : 2 min

L'Office of the Data Protection Commission of Ireland à Portarlington / © Google Streetview
L'Office of the Data Protection Commission of Ireland à Portarlington / © Google Streetview

La surveillance de l'usage des données privées se passe dans un petit bureau au-dessus d'une épicerie de la commune irlandaise de Portarlington, explique Quartz. L'Office of the Data Protection Commission of Ireland est dirigé par Billy Hawkes, qui, à sa prise de fonctions en 2005 gérait surtout des problèmes de caméra de surveillance filmant inopinément le jardin d'un habitant de Dublin.

Comment Billy Hawkes s'est-il donc retrouvé à surveiller Facebook, LinkedIn, Twitter, eBay, PayPal...? Cela tient à la politique économique de l'Irlande au début des années 2000, explique Quartz. En 1997, l'Irlande, totalement à contre-courant du reste de l'Europe, fait passer ses taxes sur les entreprises de 36% à 12,5% et a ensuite continué à les faire baisser, ceci en même temps que les entreprises de la Silicon Valley commençaient à s'intéresser à l'international.

L'Irlande devient alors l'Eldorado des géants d'Internet. Tous ou presque y ont leur siège européen, avec diverses conséquences. Par exemple, les utilisateurs non nord-américains de Facebook, soit 990 millions de personnes, dépendent tous de Facebook Ireland Limited (cf. section 19).

Pourtant, le plus gros travail de Billy Hawkes ne concerne pas des sociétés comme Google, qui selon l'Irish Times contrôle pourtant une grande partie des données des Irlandais. Les principales plaintes visent le refus ou l'incapacité d'entreprises irlandaises ou de multinationales à donner accès aux informations personnelles.

Cet état de fait pourrait bientôt changer, explique l'Irish Times. Une nouvelle régulation sur les données, émanant de l'Union européenne, pourrait changer les responsabilités des pays d'ici le mois de mai, avant les élections européennes. Alors que jusque-là, une société pouvait être attaquée par plusieurs pays pour les mêmes faits, elle n'aurait alors plus à répondre qu'aux autorités du pays dans lequel elle est basée.

L'Irlande serait donc responsable de la protection des données par l'Internet d'une grande partie de la planète, ce qui chagrine une grande partie des pays d'Europe, décrit Quartz. Il leur deviendra alors impossible de surveiller les entreprises américaines sans le concours de l'Irlande, qui quant à elle perdra son droit de regard sur les banques européennes et les opérateurs de téléphonie britanniques, par exemple.

Billy Hawkes se retrouverait alors seul face aux géants de l'Internet et ce même si la politique de l'interlocuteur unique ne l'enthousiasme pas, a-t-il expliqué dans une conférence:

Inscrivez-vous à la newsletter de SlateInscrivez-vous à la newsletter de Slate

«Cependant, en bon Européen que j'essaie d'être, j'accepte la logique de l'interlocuteur unique et j'en accepterai les conséquences et le fardeau qui va avec.»

Newsletters

«On a inventé le crypto-communisme»: les acheteurs du NFT à 69 millions nous livrent leurs confidences

«On a inventé le crypto-communisme»: les acheteurs du NFT à 69 millions nous livrent leurs confidences

Dans leur premier entretien avec un média français, les fondateurs de Metapurse évoquent le tourbillon «post-Beeple», leurs ambitions pédagogiques, leur musée virtuel (et remercient Mark Zuckerberg d'avoir agité le drapeau du métavers).

Comment utiliser les réseaux sociaux sans bousiller sa santé mentale

Comment utiliser les réseaux sociaux sans bousiller sa santé mentale

Ça va être difficile, mais c'est pour votre bien.

«Meta», la déclaration d'intention idéologique de Zuckerberg

«Meta», la déclaration d'intention idéologique de Zuckerberg

Le relookage de Facebook n'est pas une affaire d'image: c'est une question de vision.

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio