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L'echec de la natalité iranienne

Joshua Keating, mis à jour le 07.01.2014 à 17 h 33

My shattered friends / Casey Hugelfink via Flickr CC license by

My shattered friends / Casey Hugelfink via Flickr CC license by

AP rapporte qu'après des années à promouvoir agressivement contraception et vasectomies, le gouvernement iranien a fait machine arrière et pousse les Iraniens à faire plus de bébés:

«Comme partie du plan pour encourager les Iraniens à avoir plus d'enfants, le parlement iranien a approuvé un projet de loi qui autorise le gouvernement à faire passer le congé maternité de six à neuf mois et à donner aux pères un congé de deux semaines. Le chien de garde constitutionnel de l'Iran, le Conseil des Gardiens, en a fait une loi en juillet 2013. Des officiels du gouvernement ont aussi parlé d'offrir une pièce d'or aux nouveaux nés.»

L'Iran a connu la baisse de natalité la plus rapide jamais enregistrée depuis le début des années 1980, de 3,6 enfants par couple, jusqu'à 1,76 aujourd'hui. C'est la deuxième fois que la République Islamique fait volte-face sur ce point. Dans les années 1980, le gouvernement, en pleine guerre dévastatrice contre l'Irak, était nataliste. Puis, par crainte que l'économie ne puisse pas supporter une croissance apide de la population, à la fin des années 80, l'Ayatollah Rouhollah Khomeini publia une fatwa rendant la contraception largement disponible et religieusement acceptable. (L'avortement est illégal dans la plupart des cas, bien que des dizaines de milliers d'avortements clandestins soient pratiqués chaque année.)

Selon la commission de la population de l'ONU, «cela a poussé l'âge médian des Iraniens à 27,1 ans en 2010, contre 20,8 ans en 2000.» L'âge médian pourrait atteindre 40 ans en 2030 si les choses continuent ainsi.

Comme le remarquait le Los Angeles Times en juillet 2012, une conséquence positive de la chute du taux de natalité a été de donner plus d'opportunités aux femmes d'occuper des postes qui autrement seraient revenus à des hommes. Les étudiantes dépassent maintenant les étudiants, à 65% contre 35 dans les universités publiques, par exemple, menant certains à réclamer une aide pour les hommes.

Ce qui pourait, bien sûr, être une des autres raisons pour lesquelles le Conseil des Gardiens est si pressé de faire remonter le taux de natalité.

Joshua Keating

Traduit par Alice Bru

Joshua Keating
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Journaliste
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