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Les gangs londoniens utilisent des enfants de 11 ans comme mules pour transporter de la drogue

Temps de lecture : 2 min

 De jeunes dealers de drogues dans The Wire © Home Box Office.
De jeunes dealers de drogues dans The Wire © Home Box Office.

Les gangs londoniens utilisent des enfants pour transporter de la drogue et des armes en périphérie de la capitale britannique, raconte un article du Guardian paru dimanche 5 janvier. Les garçons –mais parfois aussi des filles– sont âgés au minimum de 11-12 ans. La majorité a de 16 ans à 24 ans. «De nombreux enfants ont été arrêtés avec de très grandes quantités de crack, de cocaïne et d’autres drogues de classe A [la catégorie la plus réprimée, regroupant aussi l’héroïne, l’ecstasy ou le LSD]», indique Kevin Moore, chargé du renseignement à la police criminelle de la région sud-est.

Les chefs de gang utilisent ces mules pour limiter les risques qu’ils encourent eux-mêmes. Les gangs étendent leur trafic dans la grande région londonienne parce qu’ils ont «le sentiment que les forces de l’ordre n'y sont pas aussi nombreuses», explique Kevin Moore.

L’extension du trafic s’explique par la compétition de plus en plus brutale au sein de la capitale britannique entre les différents gangs. «Londres est maintenant si périlleux pour eux qu’ils cherchent des marchés inexploités, où leurs rivaux sont beaucoup moins dangereux», analyse Gifford Sutherland, directeur de Foundation 4 Life, une association destinée aux jeunes délinquants. Il met aussi l’accent sur l’installation de familles dans la périphérie de Londres, et la création de nouveaux liens avec la capitale.

Tim Champion, de la brigade anti-gang Trident, basé à Londres, a expliqué au Guardian que la police avait changé ses tactiques en insistant sur la prévention et la sortie des gangs.

«Nous disons aux membres des gangs que nous les soutiendrons s’ils veulent sortir de ce système.»

Mais pour John Pitts, professeur de criminologie et spécialiste des gangs, la réelle prévention serait de se pencher sur la situation économique, qui rend possible l’émergence du trafic de drogue.

«Nous nous occupons des symptômes mais pas des causes. […] Le gouvernement a un programme pour les familles en difficultés, et une stratégie contre les gangs, mais quand il s’agit de s’attaquer à la pauvreté qui augmente, il ne veut rien savoir.»

John Pitts s’alarmait déjà en 2008 de voir des enfants, parfois âgés de 7 ans, rejoindre les gangs.

L’utilisation de jeunes enfants et adolescents dans le cadre du trafic de drogue n’est pas une nouveauté. Le 23 novembre 2013, l’AFP reportait qu’un enfant birman de 7 ans avait été découvert à un arrêt de bus, en Thaïlande avec 10.000 cachets de métamphétamine. En 2012, un reportage de l’Humanité décrivait le processus d’entrée des jeunes enfants dans le trafic de drogue à Saint-Ouen, en banlieue parisienne –des menus services rendus à 8-9 ans au rôle de guetteur, obtenu à 12-13 ans. Dans la série The Wire (Sur écoute en VF), basée sur 10 ans d’expérience d’un journaliste et d’un policier dans les quartiers de Baltimore, des adolescents étaient chargés par les chefs de gangs de vendre la drogue aux toxicomanes.

Raphaël Czarny Journaliste

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