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Rob Ford, le maire fumeur de crack de Toronto, candidat à sa propre succession

Grégoire Fleurot, mis à jour le 02.01.2014 à 18 h 55

Et il a toujours un gros problème avec la vérité.

Rob Ford devant la mairie de Toronto le 31 octobre 2013, REUTERS/Mark Blinch

Rob Ford devant la mairie de Toronto le 31 octobre 2013, REUTERS/Mark Blinch

Le maire de Toronto Rob Ford s'est porté candidat à sa propre succession ce jeudi 2 janvier, remplissant ainsi la promesse qu'il avait faite à la suite de sa confession sur sa consommation de crack et offrant aux journalistes un cadeau de Noël en retard, comme l'écrit le Toronto Star:

«A la question de savoir comment les gens pourraient un jour lui faire à nouveau confiance après une année au cours de laquelle ses mensonges autour de sa consommation de crack ont été révélés, il a déclaré: "Mon bilan parle de lui-même. Si vous voulez en faire une affaire personnelle, d'accord. Je m'en tiens à mon bilan, et les paroles ne valent rien. Vous allez voir de l'action comme vous n'en avez jamais vue avant."»

Rob Ford a au passage déclaré qu'il était le «meilleur maire» que Toronto a jamais eu avant d'énumérer une liste de ses réalisations, dont certaines sont selon le Star «simplement fausses». Parmi les erreurs factuelles les plus évidentes: quand il a affirmé qu'il avait fait économiser «un milliard de dollars» à la ville (une exagération d'au moins plusieurs centaines de millions de dollars selon le journal) et qu'il avait le meilleur taux de présence au conseil municipal de Toronto (il est, sans surprise, sous la moyenne dans ce domaine).

D'un autre côté, Rob Ford a déjà prouvé plus d'une fois qu'il a une définition de la vérité quelque peu différente de la nôtre. En novembre, quand il a enfin avoué avoir fumé du crack, il a fermement nié avoir menti aux médias lors de ses derniers démentis, affirmant qu'il s'agissait de réponses à des questions pour savoir s'il fume (au présent) du crack.

«Je n'ai pas menti. Vous n'avez pas posé les questions correctes», a-t-il dit aux journalistes, faisant référence aux questions de la presse canadienne auxquelles il avait daigné répondre au cours des six derniers mois. «Non, je ne suis pas accro. Et non, je ne me drogue pas. J'ai fait des erreurs dans le passé. Tout ce que je peux faire, c'est m'excuser.»

En mai 2013, quand plusieurs sites dont Gawker et le Toronto Star avaient révélé l'existence d'une vidéo le montrant en train de fumer du crack (un dérivé de la cocaïne qui entraîne une très forte dépendance) avec un dealer, Rob Ford s'était défendu en jugeant ces allégations «ridicules» et «absolument fausses».

Les électeurs se rendront aux urnes le 27 octobre 2014 pour décider s'ils veulent ou non donner la mairie à Rob Ford pour quatre années supplémentaires. Ses futurs opposants devraient rester en retrait dans le futur proche et ne pas se déclarer tout de suite. Ils semblent apparemment plus que contents de laisser Ford attirer toute l'attention sur lui pendant encore quelques semaines au moins.

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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