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Un ambassadeur chinois compare le Japon à Voldemort et explique les relations sino-japonaises avec Harry Potter

Raphaël Czarny, mis à jour le 02.01.2014 à 11 h 11

Le mémorial de Yasukuni Tohishiro Gamo Via Flick CC Licence By

Le mémorial de Yasukuni Tohishiro Gamo Via Flick CC Licence By

Liu Xiaoming est l’ambassadeur de Chine à Londres. C’est sans doute pour toucher plus largement le public britannique qu’il a choisi de faire référence à la série Harry Potter pour critiquer violemment le Japon et son Premier ministre, Shinzo Abe. Dans une tribune publiée le 1er janvier dans The Telegraph, Liu Xiaoming assimile le militarisme japonais à Lord Voldemort. Et, filant la métaphore, explique que le sanctuaire de Yasukuni, où sont vénérés 2 millions et demi de soldats nippons, est l’un des horcruxes de ce militarisme –les horcruxes étant des objets qui renferment l’âme du Seigneur des Ténèbres.  Le Premier ministre japonais, nationaliste et conservateur, a visité Yasukuni le 26 décembre dernier.

C’était la première fois depuis 2006 qu’un chef de gouvernement s’y rendait en pèlerinage. Dans ce sanctuaire reposent les cendres de quatorze officiers japonais condamnés pendant le procès de Tokyo pour leurs actes durant la Seconde Guerre mondiale –parmi lesquels Hideki Tojo, Premier ministre de l’archipel de 1941 à 1944, ou Koki Hirota, ministre des Affaires étrangères au moment du massacre de Nankin. Shinzo Abe célébrait par cette visite le premier anniversaire de sa nomination comme Premier ministre. Cet hommage a suscité la colère de ses voisins chinois et coréens, expliquait alors The Telegraph.

Pour Liu Xiaoming, la «visite au mémorial par les leaders japonais ne peut pas être une affaire interne au Japon, ou un problème personnel pour les officiels japonais. Et elle ne concerne pas non plus uniquement les relations entre la Chine et le Japon, ou la Corée et le Japon. Au fond, ce genre d’hommage révèle si l’on peut faire confiance au Japon. Il pose de sérieuses questions sur l’attitude japonaise, et son histoire –faite de militarisme, d’agression et de domination coloniale». Selon l’ambassadeur, ceux qui, au Japon, tentent de réinterpréter l’histoire «représentent une menace pour la paix mondiale».

Le diplomate rappelle également que le Premier ministre japonais souhaite réviser la Constitution japonaise, qui impose le pacifisme comme règle de conduite en politique étrangère, et interdit au Japon de posséder une armée. Dans une tribune également publiée le 1er janvier dans le journal Sankei, Shinzo Abe indique que cette révision, l’un des grands objectifs de sa mandature, sera votée d’ici à 2020, année des Jeux olympiques de Tokyo.

Les relations entre la Chine et le Japon, déjà tendues par les controverses territoriales autour des îles Senkaku –ou Diaoyu pour les Chinois–, un archipel inhabité en Mer de Chine orientale, réclamé par les deux Etats. Dans cette guerre froide entre les deux voisins, il existe quelques signes de détente. Ce 2 janvier, un Chinois, Xu Shuaijun, a tenté de se poser en ballon sur l’un des îlots, raconte le blog Sinosphere du New York Times. Il a amerri, mais a été secouru par les garde-côtes japonais, qui l’ont rendu à une patrouille chinoise.

Raphaël Czarny
Raphaël Czarny (49 articles)
Journaliste
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