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La Turquie s’enfonce dans la crise financière

Slate.fr, mis à jour le 28.12.2013 à 10 h 31

Les investisseurs internationaux prennent peur de la crise politique qui grandit à Ankara. La livre est à son plus bas niveau historique.

Tayyip Erdogan devant certains de ses ministres à Ankara, le 18 décembre 2013. REUTERS/Umit Bektas

Tayyip Erdogan devant certains de ses ministres à Ankara, le 18 décembre 2013. REUTERS/Umit Bektas

La fin de l’année est plutôt tranquille et optimiste sur les marchés financiers avec les records de Wall Street, à une seule exception la Turquie. La crise politique qui touche le gouvernement islamiste de Recep Tayyip Erdogan et a conduit à la démission pour corruption de dix ministres a effrayé les investisseurs. La livre turque est tombée vendredi 27 décembre à un plus bas historique face au dollar à 2,1764 portant sa baisse depuis le début décembre à près de 7,75 % et depuis le début de l'année à plus de 15 %. Dans le monde des marchés de change, c’est un effondrement majeur. Businessinsider parle même de la destruction d’un marché.

La crise politique se ressent aussi sur le marché obligataire avec un rendement de l'obligation à 10 ans qui atteignait 10,54% tandis que l'indice boursier dégringolait de 3,54%.

La Turquie est en pays dépendant de l’étranger pour son équilibre financier fortement endetté et avec un déficit commercial important. Sa monnaie et le cours de ses obligations sont donc fortement dépendant de l’opinion mondiale sur les risques économiques et politiques en Turquie, et ils grandissent.  

«La situation en Turquie est grave, c'est le moins que l'on puisse dire», explique à l'AFP Markus Huber, courtier chez Peregrine and Black. «Pas seulement à cause de la chute de la livre turque et de la Bourse, mais aussi en raison de la très grande incertitude qui règne et qui ne va pas s'atténuer dans un proche avenir», ajoute-t-il.

L’un des atouts majeurs de la Turquie qui explique son «miracle économique» des dernières années était sa stabilité politique et institutionnelle. Cela avait permis à Ankara d’attirer les investissements étrangers et de devenir la plus importante économie du Moyen-Orient ayant triplé de taille sous l’ère Erdogan. Mais cette période semble brutalement révolue et la confiance a disparu.  

Une première alerte était venue il y a six mois quand Recep Tayyip Erdogan a été la cible de manifestations de rues de l’opposition laïque qui ont fait vaciller son pouvoir. «Le feu est important, plus important que ce que l'on prévoyait, et se propage vite», a écrit vendredi 27 décembre l'éditorialiste Huseyin Gulerce dans le quotidien Zaman, proche de Fethullah Gulen, un imam exilé aux Etats-Unis qui contrôle une puissante confrérie entrée en conflit avec Erdogan.

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