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Les nouvelles révélations sur l'affaire Snowden sont très gênantes pour le Royaume-Uni

David Cameron, le 11 novembre 2013. REUTERS/Neil Hall.

David Cameron, le 11 novembre 2013. REUTERS/Neil Hall.

Les dernières révélations publiées, vendredi 20 décembre, par le New York Times, le Guardian et le Spiegel sur le scandale d'espionnage révélé par Edward Snowden sont notamment très embarrassantes pour le Royaume-Uni.

Si le quotidien américain titre son article sur la NSA, l'agence américaine de surveillance des communications, c'est en effet le GCHQ britannique qui en est le coeur en raison de son «travail en lien étroit avec la NSA», qui aurait permis de surveiller un grand nombre de cibles: «Entreprises privées, agences des Nations unies, organisations non gouvernementales, hommes politiques de premier plan», détaille Le Monde, dont Thalès, Total, Médecins du monde, «un ambassadeur français», le commissaire européen à la Concurrence Joaquin Almunia ou l'ex-Premier ministre israélien Ehud Olmert.

La liste complète des cibles se trouve d'ailleurs dans un document du GCHQ, mais il n'est pas systématiquement précisé quelle agence a demandé leur surveillance. Le quotidien américain explique par ailleurs que «les espions ont une marge de manoeuvre plus grande en ce qui concerne l'espionnage économique en Grande-Bretagne».

Le Spiegel, qui s'intéresse lui particulièrement à l'espionnage de cibles allemandes via des câbles sous-marins reliant la côte des Cornouailles aux côtes allemandes, estime que «les Britanniques vont maintenant faire face à un débat inconfortable sur leurs activités, qui semblent directement dirigées contre leurs partenaires au sein de l'Union européenne et les leaders de ces pays».

Le magazine allemand livre une anecdote instructive: fin octobre, lors d'un dîner organisé à l'occasion d'un sommet européen peu après des révélations sur l'espionnage du mobile d'Angela Merkel, François Hollande a demandé l'établissement d'un code de conduite pour les agences de renseignement, tandis que «David Cameron est resté étrangement silencieux durant la discussion». Conclusion:

«S'il est confirmé que les Britanniques ont ciblé les téléphones de dirigeants allemands et d'Almunia, Cameron va avoir des problèmes.»

Concerné au premier chef, le Guardian estime lui dans un éditorial que «la Grande-Bretagne doit imiter la réponse américaine» en lançant, comme l'a fait Barack Obama aux Etats-Unis, une enquête sur l'activité de leurs services de renseignement. «De telles actions endommagent directement le standing de la Grande-Bretagne dans le monde entier. [...] Le gouvernement doit nommer un panel d'experts indépendants sur le modèle américain», conclut le quotidien. A noter que les écoutes en question ont été réalisées sur la période 2008-2011, soit sous le gouvernement Labour de Gordon Brown puis sous la coalition conservateurs/libéraux-démocrates de Cameron.

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