Monde / Parents & enfants

Pas d'enfant, pas de sapin de Noël

Temps de lecture : 2 min

Bokeh Balls / jurvetson via FlickrCC License by
Bokeh Balls / jurvetson via FlickrCC License by

Dans un monde où l’on trouve désormais des calendriers de l’avent destinés aux adultes et qui contiennent des mignonettes de whisky, la question «peut-on avoir un sapin de Noël chez soi quand on n’a pas d’enfant» peut paraître anachronique. C’est pourtant le débat que vient de lancer Gawker.

Cord Jefferson n’a lui-même pas d’enfant et il estime que les adultes nullipares qui installent un sapin dans leur intérieur ont tort.

D’abord parce que les sapins, c’est une vraie galère. Il faut les transporter chez soi (ce qui peut se révéler compliqué quand on n'a ni voiture, ni ascenseur), il faut aussi supporter de voir le sol jonché de sève ou d’épines, avant de finir par déposer son cadavre décharné sur le trottoir, juste après les fêtes. S’infliger tout cela sans que le but soit de mettre des étoiles dans les yeux d’un enfant serait pur masochisme.

Sans compter que les adultes sans enfant qui installent un sapin chez eux ne passent que rarement le réveillon à leur domicile et réveillonnent généralement dans leur famille, ou chez des amis.

C’est donc réserver un bien triste sort au conifère qui, le soir du 24 venu, doit se lamenter d’avoir été arraché à sa forêt pour «finir comme l’accessoire rituel dans l’appartement d’un graphiste avant de terminer à la poubelle».

Il avoue pourtant que le jour où il deviendra père, les sapins seront les bienvenus chez lui. Parce que le sapin, comme l’esprit de Noël, doit être réservé aux enfants, et ce malgré la propagande cinématographique menée par des films comme Miracle sur la 34e rue.

Si les adultes tiennent à s’offrir des cadeaux, libre à eux, mais pourquoi ne pas se les donner de la main à la main au lieu de jouer à les tirer de sous le sapin?

L’argument religieux qui veut que le sapin est l’arbre du Christ et que c’est être pieux que d’en installer un dans son salon même sans enfant ne trouve pas non plus faveurs auprès de Jefferson qui n’y voit qu’hypocrisie et petits arrangements avec la religion. D’après lui, si le Christ débarquait dans votre deux-pièces, il ne comprendrait pas pourquoi vous avez dépensé des fortunes en cadeaux, alors qu’en bon fidèle, vous auriez pu donner cet argent aux bonnes œuvres.

Non sans ironie, il conclut d’ailleurs son coup de gueule en citant la Bible:

«Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant.» (I Corinthiens 13.11)

Pour ceux qui ne partageraient pas l’avis de Jefferson, Gawker a également publié la tribune de Caity Weaver qui milite pour que tout le monde ait droit à son sapin de Noël.

Nadia Daam Journaliste

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