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La Corée du nord efface ses archives Internet

Temps de lecture : 2 min

Capture d'écran du site KCNA prise par NK News
Capture d'écran du site KCNA prise par NK News

Nous vous rapportions récemment la condamnation à mort et l'exécution de Jang Song-taek, ancien numéro deux du régime nord-coréen et oncle du leader Kim Jong-un qui entretenait apparemment de mauvaises relations avec son neveu et aurait fait l'erreur d'avoir «applaudi sans enthousiasme» l'élection de ce dernier au poste de vice-président de la commission militaire centrale du pays.

Après l'exécution, plusieurs articles avaient évoqué des modifications pour éditer ou carrément retirer les références à l'oncle défunt. Mais selon le site NK News, l'organe médiatique d'Etat du pays vient purement et simplement d'effacer la quasi-totalité de ses archives Internet.

Ce sont pratiquement tous les articles datant d'avant octobre 2013 qui ont apparemment été retirés du site de KCNA (seules quelques informations positives autour de Kim Jong-un ont survécu). Il n'est pas clair si cette suppression de masse est liée ou non à l'exécution de Jang Song-taek. Frank Feinstein, un programmeur néo-zélandais qui surveille les médias en ligne pour le site NK News, a déclaré:

«Il y avait 35.000 articles datés de septembre 2013 et d'avant sur KCNA en coréen. S'ils en laissent quelques-uns, cela représente quand même un taux de suppression de 98-99%»

Ajoutez à cela la disparition de milliers d'articles traduits en anglais, espagnol, chinois et japonais et de 20.000 articles dans les archives de Rodong Sinmum, le journal d'Etat nord-coréen, et ce sont près de 100.000 articles qui ont été retirés au total.

Pour Chad O'Carroll, le fondateur de NK News, ces suppressions «orwelliennes» sont sans précédent. Il y avait déjà eu «20 ou 30 articles qui avaient disparu pour aucune raison apparente» par le passé, mais rien de comparable à ce qui vient de se passer.

The Guardian souligne que seule une petite minorité de Nord-Coréens a accès à Internet, et que les archives étaient d'abord utilisées par des internautes résidant en dehors du pays. Le quotidien britannique rappelle que l'information est strictement contrôlée dans le pays: les statistiques économiques et autres informations sensibles sont toutes classifiées, et les livres sur les questions politiques et sociales doivent faire l'objet d'autorisations spéciales.

Grégoire Fleurot Journaliste

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