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Regardez la garde rapprochée de Kim Jong-un rétrécir à vue d'oeil

Foreign Policy, mis à jour le 16.12.2013 à 17 h 34

Qui reste-t-il du «gang des sept» qui entourait le jeune dictateur à l'enterrement de son père?

L'enterrement de Kim Jong-il, le 29 décembre 2013 / REUTERS / KCNA. Annotations Slate.fr

L'enterrement de Kim Jong-il, le 29 décembre 2013 / REUTERS / KCNA. Annotations Slate.fr

Aux funérailles de Kim Jong-il en décembre 2011, le cercueil du Cher Dirigeant était escorté par huit personnes: son fils et successeur Kim Jong-un, ainsi que le «gang des sept», un groupe de conseillers parmi les plus proches du défunt Kim.

Ces officiels jouaient le rôle de «régents» soigneusement sélectionnés, supposés guider le jeune dictateur dans l’apprentissage de son nouveau rôle. Aujoud’hui, presque deux ans plus tard, seuls deux des sept sont encore en fonction après l’exécution de Jang Song-taek, présumé être le deuxième homme le plus puissant de Corée du Nord.

Voici les huit hommes qui entouraient le corbillard de Kim Jong-il, ce 28 décembre 2011 (dans le sens des aiguilles d’une montre, en partant de l’avant-gauche du véhicule; deux d’entre eux sont dissimulés par le corbillard sur la photo ci-dessus):

  • Kim Jong-un: Cher Dirigeant, toujours en fonction
  • Jang Song-taek: directeur, administration du Parti du travail, Exécuté
  • Kim Ki-nam: propagandiste en chef, Parti du travail
  • Choe Thae-bok: président, Assemblée populaire suprême
  • U Tong-chuk (non visible): chef de la Sécurité d’Etat, Disparu
  • Kim Jong-gak (non visible): ministre des Forces armées populaires, Limogé
  • Kim Yong-chun: vice-maréchal, Armée populaire de Corée, Dégradé
  • Ri Yong-ho: chef d’état-major de l’Armée populaire de Corée, Disparu

Avec l’exécution brutale de Jang Song-taek, tous les militaires que compte le Gang des sept ont été au minimum démis de leurs fonctions. Le gouvernement nord-coréen s’est montré inhabituellement bavard sur la disgrâce de Jang, publiant des photos de l’intéressé comparaissant devant un tribunal militaire, contraint de tenir des propos gratinés sur ses crimes présumés. C’est un changement marqué par rapport à certains autres membres du cercle des intimes de Kim Jong-il, qui ont tout simplement disparu, et ont été discrètement remplacés à leurs postes.

«Les gens survivent, en particulier aux niveaux les plus élevés, en se montrant utiles, parfaitement inoffensifs», explique à Foreign Policy Abraham Denmark, vice-président des affaires de politique et de sécurité au National Bureau of Asian Research. Il remarque également que «ça aide d’avoir des connexions avec  Kim Il-sung», connexions qu’ont les conseillers survivants.

Abraham Denmark remarque qu’il existe de nombreuses théories pour justifier le retrait soudain de Jang, du coup d’Etat qu’il ourdissait, selon l’accusation formée par le régime, à un assassinat commis par sa propre femme, laquelle est également la tante de Kim Jong-un. «A mon avis, je dirais que ça a quelque chose à voir avec la façon dont il a géré l’argent de la famille Kim», déclare Denmark, même s'il insiste sur le fait que, comme c’est la plupart du temps le cas avec le Royaume ermite, toutes les théories sont extrêmement spéculatives, et en l’espèce «nous en savons encore moins que d’habitude».

Les officiers militaires ont subi le plus gros de la purge parmi le commandement du jeune Kim. U et Ri ont tous deux disparu des médias officiels et ont vu leurs postes prestigieux occupés par d’autres. Kim Yong-chun, un des officiers les plus haut gradés de l’armée a été soudainement rétrogradé à la tête de l’entraînement de la réserve militaire. Kim Jong-gak, qui fut brièvement promu à la plus haute position militaire du pays après la mort de Kim Jong-il,  a été limogé de tous les postes militaires qu’il occupait et peut être occasionnellement aperçu parmi le commandement civil.

Kim Jong-un a commencé à bâtir son propre cercle des initiés et à démanteler le précédent, explique Abraham Denmark. Ce faisant, il semble se fournir de préférence parmi les membres du commandement civil du pays, érigé à travers le Parti du travail; un net décalage par rapport à la gouvernance antérieure.

Mais cela ne va probablement pas aider Kim Ki-nam et Choe Thae-bok, les derniers membres restants du Gang des sept de Kim Jong-il, à dormir sur leurs deux oreilles.

J. Dana Stuster

Traduit par Laurent Pointecouteau

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