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Pourquoi les dirigeants iraniens utilisent-ils Twitter alors que le pays n'y a pas accès?

Temps de lecture : 2 min

L'Ayatollah Ali Khamenei en mars 2011. REUTERS/Leader.ir/Handout.
L'Ayatollah Ali Khamenei en mars 2011. REUTERS/Leader.ir/Handout.

La censure de Twitter a démarré en Iran en 2009. Pourtant, le Leader suprême, l'Ayatollah Ali Khamenei, possède son propre compte (@khamenei_ir) et y publie quotidiennement des tweets. Hypocrisie, dites-vous?

The Verge, site spécialisé dans les nouvelles technologies et les médias, publie l’email d’un analyste du Moyen-Orient, Afshon Ostovar, qui revient sur la contradiction entre la présence quotidienne des personnalités officielles sur Twitter et la «quarantaine» imposée aux Iraniens derrière des filtres Internet et des pare-feu.

Le Grand Ayatollah Ali Khamenei n’est pas le seul à posséder un compte Twitter, le président Hassan Rohani utilise le réseau depuis avril 2013, soit deux mois avant son élection à la tête de la République islamique d’Iran. Le président «modéré», qui a succédé au très conservateur Mahmoud Ahmadinejad, tweete régulièrement pour partager ses idées, mais aussi pour commenter l’actualité politique et diplomatique.

Si les Iraniens n'y ont pas accès directement, à qui s'adressent alors les dirigeants? A l'Occident. L'Ayatollah et d'autres leaders ont remarqué que les médias sociaux permettent d'engager une coopération avec l'Ouest, un des objectifs de la campagne de Rouhani.

France 24 rappelle que le 27 septembre, on pouvait lire sur son compte (@HassanRouhani) que lui et Obama avaient conclu par téléphone un accord politique concernant la question du nucléaire.

Javad Zarif, ministre des Affaires étrangères, tweete régulièrement lui aussi, notamment des accords politiques, comme celui conclu à Genève sur le nucléaire iranien.

Et l’Ayatollah dans tout ça? Lui qui contrôle une bonne partie des médias ne semble pas vraiment concerné, ses messages s’inspirant souvent d’une propagande anti-américaine ou anti-israélienne.

En réalité, ce que tweetent leurs dirigeants revient également aux oreilles des Iraniens, par voie détournée, explique The Verge:

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«Les personnes sans VPN ou d'autres solutions de contournement sont toujours au courant de ce que leurs dirigeants tweetent, parce que les journaux réformistes, les magazines et les réseaux de télévision analysent souvent ce que les dirigeants iraniens disent sur ​​les médias sociaux, généralement en publiant des captures d'écran de leurs tweets et des messages Facebook

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