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En Allemagne, un «Shazam nazi» pour détecter les chansons d'extrême droite?

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 04.12.2013 à 13 h 30

Sans titre / Sean Lucas  via Flickr CC Lisence By

Sans titre / Sean Lucas  via Flickr CC Lisence By

Selon le Guardian, «les autorités allemandes envisagent la possibilité d’équiper la police d’une appli pour smartphone qui reconnaîtrait instantanément des chants néo-nazis illégaux». Une application rapidement surnommée le «Shazam nazi», écrit le Spiegel, en référence à la célèbre application qui permet de reconnaître le titre d’une chanson et son interprète grâce à un court extrait capté par le téléphone.

La police pourrait l’utiliser pour identifier les morceaux à la radio, lors de manifestations ou de concerts, afin d’agir plus rapidement. Les ministres de l’Intérieur des 16 länder allemands doivent se réunir dans la semaine pour discuter de cette méthode.

Considérée comme une porte d’entrée vers les milieux néo-nazis et d’extrême droite, cette musique emprunte à divers courants musicaux pour séduire les jeunes, du heavy metal à la folk en passant par le rap. Il ne manque plus que des groupes de swing, affirme même un expert de l’extrême droite, Bernd Wagner, dans le Guardian.

«La musique est en effet le maillon faible par lequel les jeunes gens peuvent être facilement recrutés par les milieux néo-nazis», confirme pour sa part Simone Rafael, du site web Network Against Nazis.

En Allemagne, l’autorité fédérale qui surveille les messages médiatiques dangereux pour les mineurs recense 1.090 morceaux contenant des messages racistes ou d’extrême droite, dont la vente est réglementée et interdite aux moins de 18 ans, poursuit le Guardian. Le Spiegel précise que l’année dernière, 79 morceaux épousant l’idéologie raciste ou nazie ont été recensés.

Outre les chants nazis traditionnels d’époque, on trouve dans cette liste des groupes contemporains aux noms évocateurs tels «Zyklon B» ou «Hate Society». Les groupes concernés auraient cependant déjà pris un temps d’avance sur le Shazam nazi, en évitant d’utiliser les chansons indexées par l’Etat fédéral, leur préférant des chanteurs plus classiquement nationalistes ou anti-establishment…

Jean-Laurent Cassely
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Journaliste
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