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2013, pire année pour la télé aux Etats-Unis

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 25.11.2013 à 12 h 20

Tim Wimborne / Reuters

Tim Wimborne / Reuters

«Une météore est en train d’arriver, et je pense que ma télévision ressemble trop à un dinosaure pour réussir à l’éviter C’est ainsi qu’un journaliste envisageait la mort de la télévision dans un article sur le blog Kotaku, en avril. Ajoutant:

«J’ai longtemps pensé qu’il faudrait cinquante ans environ avant de voir le jour où les gens riraient quand on leur rappellerait qu’en 2013 les postes de télé existaient. Dernièrement, je me dis qu’on en rira bien plus vite. Peut-être dans une décennie. Peut-être même moins.»

Un long article de Business Insider revenant sur l’année économique 2013 pour la télévision abonde dans ce sens.

«Nous sommes au début d’un changement d’ampleur historique où l’on passe du visionnage de la télévision au visionnage de vidéos –y compris pour les séries et les films– sur Internet ou sur les mobiles.»

Evidemment, vous avez déjà entendu parler de ce changement, c’est une évolution décrite depuis plusieurs années. Mais les chiffres n’ont jamais été aussi parlants que cette année, souligne Business Insider. Et cela va heurter la télévision de plein fouet.

«Cette année est la pire que l’industrie télévisée ait jamais connue. Les audiences ont chuté: hormis un bref répit pendant les Jeux olympiques, elles n’ont fait que baisser, pour le câble comme pour les grandes chaînes de networks, selon CitiSearch. Les analystes d’actions médias Craig Moffett et Michael Nathanson ont récemment noté que l’industrie de la télévision payante a fait état lors des douze derniers mois de la période jamais connue. (…) Presque cinq millions d’abonnés au câble se sont désabonnés durant les cinq dernières années. Le nombre d’inscrits restant pourrait passer sous la barre des quarante millions d’ici la fin de l’année.»

Surtout, explique Business Insider, les abonnements Internet baissent aussi. Aux Etats-Unis, où les fournisseurs d’accès Internet sont souvent couplés avec des offres télévisées et de téléphone, comme en France (le triple pay), c’est l’ensemble de ces abonnements qui est en baisse. Le site montre ainsi que non seulement les Américains payent de moins en moins pour recevoir la télévision, mais ils payent aussi de moins en moins pour Internet.

«Fut une époque où n’importe quel trimestre enregistrait jusqu’à 500.000 nouvelles inscriptions de tous types d’abonnements. Désormais, le câble et Internet sont chanceux s’ils ont le moindre nouvel abonnement. De plus en plus, ils perdent des abonnés au lieu d’en gagner.»

De plus en plus, les Américains se satisfont en effet du Wifi gratuit. Aux Etats-Unis, tous les Américains ont par exemple accès au wifi gratuit dans les Starbucks, mais aussi dans nombre d’autres lieux, espaces publics... 57 villes américaines proposent le wifi gratuit.

Mais il faut rappeler, comme le faisait PBS en 2012, que si les modes d’utilisation évoluent, les contenus vidéo ont peu de chance de disparaître. Le câble devra peut-être baisser ses prix pour attirer de nouveau les abonnés; nous regarderons peut-être nos séries sur tablette avant de les regarder sur écran, et Woody Allen tournera peut-être pour Netflix, mais les contenus ne disparaîtront en aucune façon. Pas plus que la télévision n’a tué le cinéma, etc.

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (740 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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