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Berlin va interdire les locations meublées touristiques

Annabelle Georgen, mis à jour le 25.11.2013 à 17 h 36

Un panneau indicateur à Berlin / adam fletcher via Flickr CC License by.

Un panneau indicateur à Berlin / adam fletcher via Flickr CC License by.

Devenue l'une des destinations touristiques les plus courues en Europe ces dernières années, Berlin est victime de son succès... et surtout de la cupidité des investisseurs, des propriétaires voire des locataires eux-mêmes. Des immeubles entiers sont transformés en hôtels et de nombreux appartements sont loués à la nuitée aux touristes.

Pour tenter de contrer la pénurie de logements et la flambée des loyers, le Sénat de Berlin a adopté cette semaine un projet de loi visant à interdire la transformation de logements vacants en locations meublées touristiques, rapporte le quotidien Der Tagesspiegel.

D'après les estimations officielles, environ 12.000 appartements berlinois auraient été transformés en locations de vacances et échapperaient ainsi au marché locatif traditionnel. Le quotidien Bild avance lui le chiffre de 15.000 logements. Un chiffre qui se rapproche dangereusement de celui de Paris, où 20.000 logements ont été soustraits au marché locatif traditionnel pour les mêmes raisons, d'après le site de la mairie de Paris.

Comme l'explique le sénateur Michael Müller (SPD) au Bild:

«Le but est de remettre les espaces d'habitation à la disposition des Berlinois.»

Cette loi entrera en vigueur à partir de 2014. Elle donne un délai de deux ans aux propriétaires de locations meublées touristiques déjà existantes pour remettre leur bien en location sur le marché du logement traditionnel et leur permet également de demander une prolongation de ce délai. La décision revient aux mairies de quartier, qui pourront autoriser ou interdire les locations meublées touristiques en fonction de l'offre locative dans leur secteur.

Plusieurs voix se sont élevées au Sénat de Berlin pour critiquer la trop grande souplesse de cette loi vis-à-vis des propriétaires de locations de vacances. Comme le dénonce Katrin Schmidberger, experte du marché locatif chez les Verts:

«Les exploitants de locations de vacances ont carte blanche pendant deux années supplémentaires pour simplement continuer à faire comme jusqu'à présent.»

Cette loi ne permettra pas non plus d'encadrer une pratique qui commence à se répandre de manière inquiétante à Berlin parmi les locataires, qui sous-louent leur appartement à des touristes via des sites de locations de vacances tels que la plate-forme AirBnB tout en vivant dans un autre appartement.

À titre de comparaison, la mairie de Paris n'interdit pas la transformation d'un logement en location touristique mais la soumet à autorisation lorsque ledit logement n'est pas la résidence principale du bailleur et exige également une compensation de manière à ce que le marché locatif traditionnel ne soit pas lésé:

«La loi prévoit que cette autorisation peut être accordée sous réserve de transformer en logement un local de surface équivalente non dévolu à l’habitation (par exemple un bureau ou un commerce). Cette compensation a pour but la préservation de l’équilibre entre l’habitat et les activités économiques.»

Annabelle Georgen
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Journaliste
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