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Pourquoi le Parlement allemand a interdit les iPhones?

En 2011 à Berlin. REUTERS/Tobias Schwarz

En 2011 à Berlin. REUTERS/Tobias Schwarz

Il y a quelques semaines, les iPads ont été bannis du 10 Downing Street, la résidence du Premier ministre britannique, par crainte de l’espionnage électronique, cette fois c’est au tour des iPhones d’être interdits de séjour au sein du Parlement allemand à Berlin pour les mêmes raisons.

Choqués par les révélations sur le programme sans limite de surveillance des communications téléphoniques et électroniques mené par la NSA (National Security Agency) américaine, les deux grands partis allemands, la CDU et le SPD, ont fixé des règles très stricts aux parlementaires. Ils ne pourront plus téléphoner que via des appareils permettant de protéger les communications via des programmes de cryptage de haut niveau.

Malheureusement pour Apple, le logiciel de cryptage choisi n’est pas compatible avec l’iPhone ce qui signifie que le mobile de la firme à la pomme va disparaître du Parlement allemand.

«Nos conversations et notre infrastructure de communication doivent être plus sûres» a déclaré le gouvernement allemand après la découverte des écoutes menées par la NSA sur les communications téléphoniques de la Chancellière Angela Merkel. Pour éviter d’utiliser des logiciels de cryptage qui laisseraient «des accès» aux services de renseignement américains, les seuls logiciels de cryptage autorisés dorénavant pour les élus allemands doivent être approuvés par l’Office fédéral de Bonn sur la sécurité de l’information. 

Selon les médias allemands, les écoutes des conversations téléphoniques d’Angela Merkel auraient commencé en 2002 quand elle était le principal leader de l’opposition en Allemagne, trois ans avant qu’elle devienne Chancellière. La NSA aurait cessé officiellement d’espionner Angela Merkel depuis plusieurs semaines après la «découverte» par la Maison Blanche de cette surveillance.

La colère est telle en Allemagne que les Verts ont même demandé que le pays accorde l’asile à Edward Snowden l’homme à l’origine des fuites qui ont permis de découvrir l’ampleur du programme d’écoutes de la NSA. Le député Vert allemand Hans-Christian Ströbele, écrit que sans Snowden «Mme Merkel serait toujours la cible d'espionnage et la surveillance de diplomates, hommes d'affaires et citoyens ordinaires allemands continuerait à avoir lieuNous, Allemands, nous devons à M. Snowden remerciements et estime, ainsi qu'un accueil permanent et sûr en Allemagne", a-t-il ajouté, évoquant un «devoir moral».

Selon un sondage récent, une large majorité des Allemands estime que l'ex-consultant du renseignement américain est un héros (60%) contre 14% qui voient en lui un criminel.

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