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Comment les médias américains et français ont annoncé la mort de Kennedy

Laszlo Perelstein, mis à jour le 22.11.2013 à 9 h 41

Détail de la une de Paris Match du 30 novembre 1963.

Détail de la une de Paris Match du 30 novembre 1963.

Le vendredi 22 novembre 1963 à 12h30 CST (19h30 heure française), à Dallas, le président des États-Unis John F. Kennedy est victime de coups de feu alors qu'il traverse la ville dans une voiture découverte.

À 13h, le président américain est déclaré mort à l'hôpital Parkland.

Moins de quarante minutes plus tard, le présentateur de CBS News Walter Cronkite fait partie des journalistes à annoncer, de source officielle, la nouvelle aux Américains dans un bulletin d'information resté mythique (on le voit notamment dans le JFK d'Oliver Stone).

Au moment des tirs, la guerre des agences fait rage entre l'Associated Press (AP) et l'United Press International (UPI), rapporte l'AFP sur son blog consacré aux coulisses de l'info. Les journalistes des agences voyagent alors dans la même voiture et c'est celui de l'UPI qui diffuse le premier la nouvelle des coups de feu, à 12h34.

À 19h43 heure française, soit 9 minutes plus tard, l'AFP (qui travaille alors en partenariat avec l'AP) publie sa première dépêche, avant d'annoncer la mort de Kennedy à 20h35. 

Contrairement aux États-Unis, il n'y a pas eu en France d'annonce aussi mythique que celle de Walter Cronkite. L'INA possède toutefois un enregistrement audio du journal de 20h de France Inter. À cette heure-ci, la radio publique sait seulement que Kennedy a été victime d'un attentat et qu'il est grièvement blessé, «dans un état très critique», apprend-on même à la fin du journal.

Quand le correspondant de la radio à New York reprend l'antenne (à partir de 28 minutes sur l'enregistrement), il explique que John F. Kennedy attendrait une transfusion sanguine alors que deux prêtres catholiques se sont rendus dans sa chambre d'hôpital. 

Le lendemain, la mort du président des États-Unis occupe les unes des journaux dans leur intégralité.

 

Comme ses confrères américains, le Figaro y consacre ainsi entièrement sa une, rappelant les faits à plusieurs reprises. Sur la colonne de droite, le général De Gaulle déclare à propos de Kennedy qu'«il est mort comme un soldat, sous le feu».

Le Monde qui, journal de l'après-midi oblige, sort quelques heures après ses concurrents, titre lui de manière légèrement différente, en insistant plus sur l'émoi provoqué par l'assassinat que sur ses circonstances.

Devant l'importance de l'évènement, même le quotidien sportif L'Équipe consacre une partie de sa Une à Kennedy.

Arrivé encore plus tard dans les kiosques du fait de sa parution le dimanche, le JDD ne prend même pas la peine d'afficher en gros le nom du président Kennedy: la photo a déjà fait le tour du monde et chacun sait de quoi le journal parle quand il lit qu'un deuxième suspect a été interrogé. 

Une semaine après, le 30 novembre, l'assassinat du président des États-Unis est évidemment encore au cœur de l'actualité et occupe la une de Paris Match. L'hebdomadaire paraissait à l'époque le samedi, trop tard pour intégrer l'évènement dans son numéro du 23 novembre 1963, consacré à la reine Elizabeth

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