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La dépêche Reuters sur l’Iran écrite comme une blague. Ou pas.

Johan Hufnagel, mis à jour le 20.11.2013 à 17 h 59

«Les Américains sont nos amis», a dit le Guide suprême. «Mort à l'Amérique», ont répondu les nervis du pouvoir.

L'Ayatollah Ali Khamenei en mars 2011. REUTERS/Leader.ir/Handout.

L'Ayatollah Ali Khamenei en mars 2011. REUTERS/Leader.ir/Handout.

Au moment où les négociations sur le nucléaire iranien reprennent à Genève, chaque petite phrase, chaque symbole est analysé comme un signe. L’élection du relativement modéré Hassan Rohani à la présidence de la République islamique, les signes de son ouverture, l’optimisme américain sur la signature d’un accord il y a quinze jours…

Que ce soient les diplomates ou les journalistes, tout le monde cherche à savoir si l’Iran peut être considéré comme un partenaire de négociation sérieux et sincère ou quelqu’un qui cherche seulement à gagner du temps, s'il y a des dissensions à la direction du pays ou s'il n’a pas l’intention de bouger d’un iota sur la question du nucléaire.

L’agence Reuters, un des plus grandes agences de presse au monde, a publié ce jour une remarquable dépêche, pleine d'un humour à froid comme en sont capables les Britanniques, sur la difficulté d’analyser les discours et les signaux. Nous la reproduisons ci-dessous avec son autorisation, en VO et en VF.

«DUBAI — Iranian Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei said on Wednesday Tehran wanted friendly ties with all countries, including the United States, on the day Iran begins a new round of talks with world powers on its disputed nuclear program.

"We want to have friendly relations with all nations, even the United States," he told an audience of Basij militiamen. "We are not hostile to the American nation. They are like other nations in the world," he said.

"Death to America," the militiamen chanted in response.

(Reporting by Marcus George; Writing by Jon Hemming; Editing by Andrew Heavens)»

 

«DUBAI — Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a déclaré mercredi que Téhéran souhaitait des relations amicales avec tous les pays, y compris les Etats-Unis, alors que l’Iran débutait ce jour-même une nouvelle série de négociations avec les puissances mondiales à propos de son controversé programme nucléaire.

"Nous souhaitons avoir des relations amicales avec toutes les nations, même les Etats-Unis", a-t-il déclaré devant une assemblée de bassidji [une branche des Gardiens de la révolution, fondée par l’ayatollah Khomeini, ndt]. "Nous ne sommes pas hostiles à la nation américaine. Ils sont comme toutes les autres nations du monde", a-t-il dit.

"Mort à l’Amérique", ont répondu les bassidji.

(Reportage de Marcus George; rédaction de Jon Hemming; édition d'Andrew Heavens).»

Que penser de cette conclusion? Qu'en Iran, quand la tête veut infléchir son discours, il n’est pas certain que les jambes comprennent la nouvelle direction? Ou que c'est la preuve d’un double discours? Vous avez deux heures.

J.H.

Johan Hufnagel
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