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Rencontres en ligne: l'édifiante histoire de l'Allemand amoureux d'une femme qui n'existait pas

Temps de lecture : 2 min

Ich Liebe Dich. ganesha.isis via Flickr CC License by.
Ich Liebe Dich. ganesha.isis via Flickr CC License by.

Près de 7 millions d'Allemands cherchent le grand amour sur internet. L'offre est vaste –près de 2.000 sites de rencontres germanophones–, le marché juteux –218 millions euros de chiffre d'affaires annuel– et la déception souvent au rendez-vous.

Mais ce qu'a vécu l'an passé un célibataire allemand particulièrement naïf dépasse l'entendement. Le SZ Magazin relate l'étrange mésaventure de Jakob, 33 ans, un acteur allemand débutant qui est tombé amoureux d'une fille inventée de toutes pièces:

«Louisa Catharina Jacardi, 28 ans, long cheveux blonds, belle comme les femmes dans une pub pour Raffaello. Le 15 septembre 2012, Jakob a découvert sa photo de profil sur Facebook et lui a écrit. Elle est manageuse chez Next Models, une des trois plus grandes agences de mannequins du monde, a elle-même été mannequin pendant une courte période, jusqu'à que son père juif très strict le lui interdise. Elle vient d'une famille aisée, parle plusieurs langues depuis l'enfance, vit entre New York et Londres, possède un yacht au port de Palma, mène des actions de charité pendant son temps libre.»

Pendant deux semaines, Jakob et «Louisa» échangent plus de 5.300 messages... Le jeune homme est persuadé d'avoir rencontré la femme idéale et ne s'imagine pas un instant que toutes les énormités que lui raconte sa dulcinée les semaines suivantes pour retarder leur rencontre dans la vie réelle sont des prétextes fallacieux pour qu'il ne découvre pas que derrière cette blonde à la vie digne de Barbie se cache une secrétaire allemande de 38 ans s'ennuyant derrière son ordinateur à Hambourg...

La demi-soeur de Jakob lui fait pourtant remarquer que les photos sur son profil sont celles de plusieurs femmes, mais il ne veut pas entendre raison. Au bout de plusieurs rendez-vous annulés par Louisa, il finit pourtant par se laisser convaincre:

«Il compare à contrecoeur les photos qu'elle a postées d'elle sur le net sur la recherche par image de Google. Et en effet, la femme sur les photos en est une autre. Quand il confronte Louisa avec sa découverte, elle avoue l'avoir trompé. Tout était faux, elle avait pris les photos de son profil sur des blogs de mode et des sites porno; l'image de sa jambe dans le plâtre, à l'aide de laquelle elle avait fait semblant d'avoir eu un accident, même une photo de son iPad: tout venait d'internet.»

Après que la femme qui se cachait derrière ce faux profil Facebook a avoué, Jakob a décidé de ne pas porter plainte et a même gardé contact avec elle, sans toutefois vouloir la rencontrer. Contactée par le SZ-Magazin, celle-ci a expliqué avoir créé cette fausse identité en 2008 avec des copines lors d'une soirée bien arrosée et avoir été prise à son propre jeu, n'osant pas révéler au jeune homme qu'elle n'était pas «Louisa».

Cette histoire hallucinante est l'arbre qui cache la forêt. Selon la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme de la Bourse américaine 8,7% des profils Facebook seraient créés sous un autre nom que celui de son propriétaire. Quand il ne s'agit pas de protéger sa propre vie privée, il s'agit souvent d'espionner un(e) ex-petit(e) ami(e) ou de faire une blague à un(e) ami(e)...

Et d'après l'hebdomadaire Der Spiegel, de nombreux sites de rencontres payants embauchent également des personnes pour créer et même animer de faux profils de femmes pour attirer les clients potentiels.

Mais le phénomène de l'online dating n'a heureusement pas autant d'ampleur que celle qu'on lui prête souvent. D'après Der Spiegel, seuls 2% des Allemands rencontrent leur partenaire amoureux sur des sites de rencontres, contre 27% dans leur cercle d'amis, 16% dans un bar et 11% sur leur lieu de travail.

Annabelle Georgen Journaliste

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