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Les guerres civiles sont plus courtes, moins meurtrières et moins nombreuses

Laszlo Perelstein, mis à jour le 13.11.2013 à 12 h 20

Un soldat patrouille à Abron, près de Sidon, dans le sud du Liban, le 25 juin 2013. REUTERS/Ali Hashisho.

Un soldat patrouille à Abron, près de Sidon, dans le sud du Liban, le 25 juin 2013. REUTERS/Ali Hashisho.

La guerre civile qui déchire la Syrie et qui a fait plus de 115.000 morts depuis 2011 est un contre-exemple de la situation mondiale. Des 150 guerres civiles qui ont eu lieu depuis 1945, moins de 10 se déroulent encore aujourd’hui. Même des pays habitués aux massacres comme le Sri Lanka (en guerre civile de 1983 à 2009) ou le Tchad (qui a connu trois guerres civiles depuis 1965) sont en paix. Les guerres civiles durent moins longtemps et concernent moins de pays, constate The Economist.

D’après le magazine britannique, le rythme auquel les guerres civiles commencent dans le monde n’a pas changé. Chaque année, entre 1% et 2% des pays se lancent dans une guerre interne. Celles-ci sont toutefois bien moins meurtrières en moyenne: seules 6 guerres en cours ont provoqué plus de 1.000 décès.

Si les guerres impliquent moins de pertes humaines, c’est parce qu’elles durent moins longtemps. Les conflits ne durent plus en moyenne que trois ans et demi contre quatre ans et demi auparavant, expose Kristian Skrede Gleditsch, professeur à l’Université d’Essex, interrogé par The Economist.

De moins en moins de pays sont également impliqués dans des guerres civiles. Entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et la chute de l’URSS en 1991, près d’un cinquième de la planète a été concerné par un conflit interne, d’après le Centre for the Study of Civil War (Centre d’étude de la guerre civile), basé à Oslo.

La fin de la Guerre froide a toutefois mis fin à une opposition des Etats-Unis et de l’URSS par intermédiaires. La majorité des conflits n’ayant plus de financement se sont terminés d’eux-mêmes dans les 15 ans après la chute du mur de Berlin. Dès 1995, il n’y avait plus que 12% des pays encore en guerre civile.

La fin de l’opposition des deux blocs a également provoqué un changement dans l’issue des guerres puisqu’elles ne donnent une victoire unilatérale plus que dans 13% des cas, contre 58% avant 1989. Qu’aucun des camps impliqués dans un conflit ne ressorte vainqueur est une bonne chose pour Andrew Exum, ancien conseiller au Pentagone, puisqu’elle diminue les risques futurs de guerre civile:

«La violence nécessaire pour une victoire militaire tend également à détruire les institutions étatiques nécessaires à la stabilisation à long terme d’un pays.»

Laszlo Perelstein
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