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Sans fracturation hydraulique, il n’y aurait pas de négociation sur le nucléaire iranien

Un site de fracturation dans le comté rural de Bradford, en Pennsylvanie. REUTERS/Les Stones

Un site de fracturation dans le comté rural de Bradford, en Pennsylvanie. REUTERS/Les Stones

Les négociations menées à Genève au cours des dernières jours n'ont pas permis de trouver un accord sur le programme nucléaire iranien. Mais les diplomates se veulent optimistes. En tout cas, si la République islamique d’Iran a fini par accepter de négocier sur son programme nucléaire en échange de la levée des sanctions économiques et financières, c’est que ces dernières sont devenues très efficaces. Téhéran a vu ses revenus liés à la vente de pétrole et de gaz s’effondrer. Le monde peut aujourd’hui se passer facilement des hydrocarbures iraniens et cela grâce au boom de la production de gaz et de pétrole aux Etats-Unis qui n’existerait pas sans le recours massif à la fracturation hydraulique. C’est ce qu’explique Matthew Philips, un rédacteur en chef de Bloomberg Business Week.

Au cours des deux dernières années, la production de pétrole des Etats-Unis a augmenté de 2 millions de barils par jour (l’équivalent de la production d’un pays comme la Norvège, le 14ème producteur mondial). Cette nouvelle capacité a permis aux pays occidentaux de limiter par un embargo les exportations de pétrole iraniennes sans pour autant faire flamber les prix de l’or noir.

Selon un rapport récent du Service de recherche du Congrès américain, les exportations de pétrole iranien ont été réduites de moitié depuis 2011 passant de 2,5 millions de barils par jour à un peu plus d’un million.

«Je pense qu’il est clair que sans la révolution américaine du pétrole de schiste, il n’aurait jamais été possible de mettre en place un embargo de ce type contre l’Iran», explique Julius Walker, un stratégiste spécialiste de l’énergie UBS Securities. «Sans les augmentations de la production américaine, je pense que nous serions à 150 dollars le baril de pétrole au lieu de 110 dollars aujourd’hui», ajoute-t-il.

Comme les exportations de pétrole financent environ la moitié des dépenses du gouvernement, l’embargo a eu un impact économique considérable. Même s’il est difficile d’obtenir des chiffres fiables sur l’économie iranienne, il y a de nombreux éléments qui montrent que la crise que connaît le pays est sévère. L’inflation serait de l’ordre de 50% et le taux de chômage autour de 20% de la population active. L’économie iranienne était en récession en 2012 et le sera encore en 2013.

Comme les occidentaux ont cessé d’acheter du pétrole iranien, il n’est plus acheté que par les pays asiatiques et essentiellement la Chine, le Japon, l’Inde et la Corée du sud. Il y a sans doute des ventes illégales et clandestines, mais selon la plupart des analystes, elles ne représentent pas des quantités considérables.

Selon des données de l’agence Bloomberg, la capacité totale des tankers qui ont quitté les port iraniens en septembre était en baisse de 22% par rapport à septembre 2012. «Ils ont de grandes difficultés à trouver des acheteurs et ceux qui restent sont capables d’obtenir des prix bien inférieurs au marché», souligne Julius Walker.

S’il y a une possibilité de voir l’Iran des mollahs renoncer, au moins un temps, à se doter de l’arme nucléaire, c’est indéniablement grâce à l’efficacité de l’embargo sur son pétrole.

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