Monde

En Europe, en 2013, les juifs continuent de vivre dans la peur

Temps de lecture : 2 min

Devant l'école Ozar Hatorah à Toulouse, après l'attaque de l'école juive par Mohammed Merah, en mars 2012. REUTERS/Jean-Philippe Arles
Devant l'école Ozar Hatorah à Toulouse, après l'attaque de l'école juive par Mohammed Merah, en mars 2012. REUTERS/Jean-Philippe Arles

75 ans après la Nuit de Cristal, l'antisémitisme continue d'être une réalité en Europe, et en particulier en Allemagne, rapporte l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, qui cite les résultats d'une vaste étude menée par l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne. Près de 6.000 personnes juives résidant dans les huit pays où se concentre 90% de la population juive européenne - la France, l'Allemagne, la Belgique, la Hongrie, la Lettonie, l'Italie, l'Angleterre et la Suède - ont été interrogées sur leur expérience vis-à-vis de l'antisémitisme. Les résultats de l'enquête sont effarants:

  • plus d'une personne interrogée sur deux a été confrontée durant les douze mois précédent l'enquête à l'affirmation selon laquelle la Shoah n'a pas eu lieu ou bien qu'il a été présenté d'une façon exagérée

  • une personne sur cinq a été victime d'au moins un incident à caractère antisémite et/ou d'une agression physique dans le même laps de temps

  • une personne sur deux craint d'être agressée verbalement

  • une personne sur trois craint d'être également agressée physiquement dans son pays natal

  • 66% des personnes interrogées estiment que l'antisémitisme est un problème majeur dans leur pays.

Selon différentes études menées en Allemagne ces dernières années, 20% de la population allemande serait antisémite de manière «latente», comme le rapportait Der Spiegel en 2012. Les délits à caractère antisémite sont pourtant en recul depuis 2009 en Allemagne. Mais les juifs allemands continuent de vivre dans la peur: 63% d'entre eux ont affirmé renoncer à arborer des symboles tels que la kippa en public par crainte d'une agression. 25% affirment avoir pensé à quitter l'Allemagne à cause de l'antisémitisme au cours des cinq dernières années. Plusieurs témoignages sont rapportés dans l'étude. Certains tordent le cou aux clichés, tel celui-ci:

«Les attaques antisémites auxquelles j'ai été confronté ne venaient ni de la part de néonazis. Elles venaient de gens politiquement modérés

D'autres s'attachent à la façon dont l'antisémitisme ambiant influe sur le quotidien des juifs pratiquants:

«Je trouve le fait que les messes n'ont lieu que sous protection policière quasi insupportable

De nombreux juifs européens se plaignent également de l'influence négative du conflit israëlo-palestinien sur leur quotidien. Ils sont 63% en Allemagne à penser qu'il a «un fort impact sur leur sentiment de sécurité en tant que juif», contre seulement 8% en Lettonie. En France, où ce conflit est très présent dans le débat politique, ils sont 73% à l'affirmer.

A.G.

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