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Les écoles de Gaza enseignent la «résistance à Israël» à leurs élèves

Temps de lecture : 2 min

Une école à Gaza en 2010. Gisha Access via Flickr CC License by.
Une école à Gaza en 2010. Gisha Access via Flickr CC License by.

Les collèges et lycées gouvernementaux de la bande de Gaza vont dispenser une nouvelle matière à leurs élèves: la «résistance à Israël». C’est le ministère de l’Éducation du gouvernement du Hamas qui a annoncé, mardi 5 novembre, cet ajout au programme scolaire, le dernier d’une série de changements entamés au cours de l’année, rapporte l'AFP.

Ainsi, depuis cet automne, les adolescents scolarisés dans la bande de Gaza travaillent avec de nouveaux manuels d’«éducation nationale», que sont allés lire les reporters du New York Times. Ce sont les premiers manuels scolaires rédigés directement par le Hamas depuis sa prise de contrôle de la bande de Gaza en 2007. L’occasion pour le mouvement de diffuser son idéologie auprès des jeunes écoliers sur son territoire —du moins, un peu plus de la moitié d’entre eux, les autres fréquentant les établissements de l’ONU dédiés aux réfugiés palestiniens.

Désormais, selon le New York Times, les cours d’histoire dispensés à Gaza en classes de quatrième, troisième et seconde «mentionnent la Torah et le Talmud comme des "inventions", et décrivent le sionisme comme un mouvement raciste qui compte parmi ses buts l’expulsion des Arabes hors du territoire entre le Nil en Afrique et l’Euphrate en Irak, Syrie et Turquie». Ils omettent également toute mention des accords d’Oslo, signés en 1993 entre l’OLP et l’État d’Israël. Un État dont l’existence n’est de toute façon pas reconnue dans les nouveaux manuels du Hamas, conformément au programme politique de ce dernier.

Ces cours d’«éducation nationale», qui ont vu à cette occasion leur nombre d’heures doubler, s’inscrivent dans une série de mesures prises depuis avril dernier par le Hamas, parmi lesquelles des restrictions concernant la mixité garçons-filles. D’après le quotidien new-yorkais, le Hamas soupçonne l’Autorité palestinienne d’être «sous pression d’Israël pour purger son programme scolaire»: son but avoué est d’influer sur la jeunesse de Gaza, de s'assurer «que les générations restent fidèles aux droits nationaux», selon la députée du Hamas Houda Naïm.

Les manuels scolaires utilisés au Proche-Orient, en Israël comme en Palestine, n’étaient déjà auparavant pas exempts de biais politique. Ils ont déjà fait l’objet de nombreuses études, la dernière en date, relayée par le Guardian, remontant à février 2013.

On y constatait d’ores et déjà une tendance de chaque côté à faire l’impasse sur la culture ou la religion du camp d’en face, si toutefois ce dernier figure sur les cartes, ce qui n’était pas le cas dans environ trois manuels sur quatre. «L’éducation influence la façon dont les enfants perçoivent le monde», expliquait à l’époque au quotidien britannique le responsable de l’étude, le professeur Bruce Wexler. «Il est difficile d’imaginer les Israëliens et les Palestiniens vivre en paix sans que leurs enfants en apprennent davantage sur la religion des autres.»

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