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Un cocktail aromatisé au bunker de Churchill

Anaïs Bordages, mis à jour le 29.10.2013 à 12 h 27

Dans un bar londonien. REUTERS/Toby Melville

Dans un bar londonien. REUTERS/Toby Melville

Si vous êtes féru(e) d’histoire, amateur(rice) de cocktails et las(se) des éternels mojitos et White Russians, vous pouvez vous essayer au «Bunker Martini». Ce nouveau cocktail du Churchill Bar & Terrace à Londres, nous apprend le Telegraph, est réalisé à base d'humidité. Mais attention, de l’humidité cinq étoiles, extraite des murs de l’ancien bunker de guerre de Winston Churchill et son gouvernement:

«C’est là que Churchill a adressé quatre discours à la nation, et c’est là qu’il dormait quand les bombardements rendaient l’accès à Downing Street trop dangereux.»

Pour nous mettre l’eau à la bouche, le site précise que le bunker du Premier ministre britannique était une pièce glauque, sombre et enfumée. Dans ses mémoires, l’ancienne secrétaire de Churchill, Elizabeth Nel, en faisait déjà une description peu alléchante:

«Le mur, autrefois couleur magnolia, avait tourné au jaune maussade, et le sol était recouvert d’un affreux linoléum marron. Au-dessus de nos têtes se trouvaient des tuyaux d’évacuation, d’où l’on pouvait entendre le gargouillis des eaux usées.

Même si l’air était filtré par un système  spécial de ventilation, l’odeur de corps pas lavés, d’habits trop portés, de toilettes chimiques et de vieux tabac froid persistait.»

Bref, de l’Histoire en bouteille, à laquelle vous pourrez goûter pour la modique somme de 15 livres (17,50 euros). Merci mais non merci.

Pourtant, le «Bunker Martini» n’arrive même pas en tête des boissons les plus répugnantes du monde: au Canada, un bar de Dawnson City sert du «sourtoe cocktail» –comprendre «cocktail d’orteil aigre».

Ceci n’est pas un jeu de mots: il s’agit vraiment d’un cocktail avec un orteil amputé dedans. A l'origine de la recette, un bout de pied découvert par le patron du bar dans les années 1970. Ce dernier aurait ensuite décidé de servir l'orteil dans le verre de ses amis. La règle, qui tient toujours aujourd'hui, est de toucher le morceau de chair du bout des lèvres. 

Seul hic: à force de cul-sec, il arrive que des clients avalent l’orteil par accident. Heureusement, le bar, qui compte des dizaines de milliers de fans, trouve toujours quelqu’un pour faire don d’un nouvel orteil, qu’il conserve ensuite dans du gros sel. On met Tom Cruise au défi de trouver un poème pour celui-là.


Cocktail (1988), avec Tom Cruise
Anaïs Bordages
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