Les abeilles se sont déjà presque éteintes, en même temps que les dinosaures

Une abeille. REUTERS/David W. Cerny.

Une abeille. REUTERS/David W. Cerny.

Les dinosaures ne sont pas les seuls à s’être éteints il y a près de 65 millions d’années: les abeilles aussi —enfin, presque. Selon une étude de l’Université du New Hampshire (UNH) publiée le 24 octobre, elles auraient quasiment disparu à la fin de la période crétacée. 

Comme nous l’apprend le site de l’université, «les études précédentes suggéraient une extinction généralisée des plantes à fleurs durant cette période, et on a longtemps supposé que les abeilles, qui dépendaient de ces plantes, avaient connu le même destin. Malheureusement, contrairement aux dinosaures, il existe peu de traces de fossiles d’abeilles».

Ce qui rendait la confirmation d’une telle extinction difficile. Mais les scientifiques ont pu surmonter cette difficulté grâce à une technique d’analyse ADN permettant de retracer l'origine des abeilles:

«Les données indiquaient qu’un événement majeur s’était produit au même moment pour quatre groupes différents d’abeilles. Et il se trouve que c’était au même moment que l’extinction des dinosaures», explique Sandra Rehan, professeure de biologie à UNH et directrice de l’étude.

Selon l’auteure, cette découverte pourrait permettre d’éclairer l’actuelle disparition des abeilles:

«Comprendre les extinctions et les effets de ce genre de déclins dans le passé peut nous aider à comprendre le déclin des pollinisateurs et la crise globale dont ils souffrent aujourd’hui.»

En effet, depuis 2006, le monde s’inquiète de la disparition massive des abeilles domestiques, également appelée CCD, ou Colony Collapse Disorder.

De nombreuses hypothèses ont tenté d’expliquer ce phénomène. On a parlé de virus et de champignons, mais aussi de l’insecticide Cruiser, accusé de désorienter les ouvrières, qui mourraient d’épuisement car elles étaient incapables de retrouver leur ruche.

Ce pesticide a depuis été interdit en France par une décision du 29 juin 2012. Comme nous l’écrivions en février 2013, «il reste à constater les effets concrets de cette interdiction sur les populations d’abeilles en France. Il faudra sans doute quelques années pour les enregistrer».

En attendant, si vous vous demandez à quoi ressemblerait un monde sans abeilles, sachez que nos supermarchés seraient à moitié vides: un tiers de notre nourriture dépend des abeilles, notamment les fruits, les légumes et les stimulants. 

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