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Catastrophe de Dacca: six mois après, devinez ce qui a changé

Temps de lecture : 2 min

Des parents de disparus de l'effondrement de l'immeuble Rana Plaza à Dacca (Bangladesh). REUTERS/Khurshed Rinku.
Des parents de disparus de l'effondrement de l'immeuble Rana Plaza à Dacca (Bangladesh). REUTERS/Khurshed Rinku.

L’effondrement le 24 avril dernier à Dacca (Bangladesh) de l’immeuble Rana Plaza abritant cinq usines textiles, qui a fait plus de mille morts, a ému le monde entier.

Sous la pression de la communauté internationale, les grandes marques et le gouvernement bangladais ont promis d’entamer des réformes du droit du travail —mettre en place un système d’inspection à grande échelle et augmenter les salaires chez le deuxième exportateur mondial pour le textile.

Six mois après la tragédie, Mehul Srivastava de Bloomberg fait le bilan dans un article publié le 23 octobre. Qu'est-ce qui a changé? Devinez quoi:

«Aujourd’hui, pas une seule usine de confection du Bangladesh n’a été inspectée en vertu des trois programmes promis.»

Le 8 octobre dernier, un nouvel incendie a fait 9 morts dans l’usine Aswad Knit Composite à Sripu, un immeuble de deux étages situé dans la banlieue de Dacca. Par «chance», le feu a pris en fin de journée —la plupart des 3.000 employés avaient quitté les lieux.

Un correspondant de l’AFP a trouvé sur place «des carnets de commandes datés de septembre contenant des noms de clients dont l’américain Gap, le britannique Next, le suédois H&M, l’australien Target et le français Carrefour». Les grandes enseignes ont démenti se fournir directement auprès de cette usine.

Au sujet des salaires, le gouvernement commence à se montrer «nerveux» selon Amirul Haque Amin, le représentant du Garment Workers Federation, l’intersyndicale du secteur, interrogé par Reuters.

Les négociations en cours depuis le 6 juin avec l’organisation patronale, la Bangladesh Garment Manufacturers and Exporters Association (BGMEA), n’ont permis de relever le salaire minimum qu’à hauteur de 33 euros mensuels, contre 30 euros avant la tragédie d’avril. En septembre, les ouvriers du textile ont entamé une série de grèves et de manifestations pour réclamer une revalorisation du salaire minimum à 79 euros et des conditions de sécurité acceptables. Voici ce que raconte Mehul Srivastava de Bloomberg:

«Le 15 octobre, une manifestation a été réprimée par la "Police industrielle", une force anti-émeute équipée de balles en caoutchouc.»

Selon Reuters, le gouvernement bangladais devrait annoncer un nouveau salaire minimum en début de mois prochain. Les responsables d’usines anticipent une revalorisation comprise entre 43 et 53 euros, et ont donc l’intention de faire payer aux grandes marques la marchandise 5 à 15% plus cher.

Caroline Piquet

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